Le financement des infrastructures, le développement du fret, l’intégration du transport aérien africain et le coût des billets figurent parmi les sujets abordés par le Directeur général de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), Kanka-Malik Natchaba. Dans cette interview accordée à notre confrère GADAH Joseph, directeur du journal Economie&développement, en marge de l’African Air Transport Convention & Expo 2026 (AFCAC Expo), organisée du 15 au 20 juin à Lomé, il présente sa vision pour renforcer le transport aérien sur le continent.
Pour Kanka-Malik Natchaba, l’un des premiers défis consiste à attirer davantage d’investissements. Cela passe, selon lui, par des projets de grande envergure. « Le premier défi consiste à concevoir des projets suffisamment ambitieux pour attirer les investisseurs », déclare-t-il.
Il estime également que ces projets doivent réunir plusieurs secteurs d’activité. Lorsque les conditions le permettent, ils peuvent aussi concerner plusieurs pays. Cette approche, explique-t-il, favorise une meilleure mobilisation des financements. Elle permet aussi de planifier les investissements sur la base de prévisions de trafic fiables.
Le Directeur général de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) rappelle, par ailleurs, que les pouvoirs publics ont un rôle de partenaire. Des projets bien structurés peuvent soutenir le commerce, le tourisme ainsi que de nombreuses activités économiques.
Kanka-Malik Natchaba défend aussi le modèle des Airport Cities. « Un aéroport ne doit plus être uniquement un lieu de transit. Il doit devenir un véritable pôle économique intégrant hôtels, espaces commerciaux, centres de loisirs, bureaux et autres infrastructures créatrices de valeur », affirme-t-il.
Cette vision guide également les ambitions du Togo. L’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé accueille aujourd’hui le hub de la compagnie panafricaine ASKY. Celle-ci dessert plus d’une trentaine de pays africains. Le développement du fret aérien constitue aussi une priorité afin d’accompagner les échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
En parallèle, la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) poursuit le renforcement de la sûreté et de la sécurité. L’objectif est d’obtenir les certifications internationales nécessaires à l’ouverture de nouvelles liaisons, notamment vers les États-Unis.
À propos du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), Kanka-Malik Natchaba observe des progrès depuis son lancement en 2018. Il relève une ouverture progressive des espaces aériens et une reprise du trafic après la pandémie de Covid-19.
Il estime toutefois que des efforts restent nécessaires. Les réglementations doivent encore être harmonisées. « Les opérateurs ont également leur part de responsabilité. Nous devons poursuivre les investissements et appliquer concrètement les décisions prises au niveau continental afin que les bénéfices du MUTAA soient pleinement ressentis par les populations et les entreprises », souligne-t-il.
Enfin, Kanka-Malik Natchaba revient sur le coût des billets d’avion en Afrique de l’Ouest. Selon lui, la concurrence demeure encore limitée sur plusieurs marchés. Il estime qu’une ouverture plus large du ciel africain, associée au développement des infrastructures, à la réduction des taxes et redevances ainsi qu’à la hausse du trafic, devrait progressivement rendre le transport aérien plus accessible.
