Préserver la vue, prévenir la cécité évitable et rendre les soins spécialisés accessibles dans toutes les régions du pays figurent parmi les priorités du Togo en matière de santé publique. C’est dans cette dynamique que le gouvernement a lancé le Projet de renforcement du système de santé oculaire pour un développement durable (PRSSODD), une action portée par le Programme national de santé oculaire (PNSO) avec l’appui technique et financier de la Banque islamique de développement (BID).
Prévu pour quatre ans, le programme sera déployé dans les six régions sanitaires. Il vise à améliorer l’accès aux services d’ophtalmologie, à renforcer les compétences des professionnels de santé et à moderniser les équipements destinés au diagnostic et au traitement des maladies oculaires.
Le projet répond à des besoins bien identifiés. Selon les données du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, environ 4 % des personnes âgées de 50 ans et plus vivent avec une cécité, tandis qu’un élève sur cinq présente des troubles de la vision susceptibles de nuire à son parcours scolaire. Par ailleurs, plus de 60 000 personnes attendent encore une intervention pour une cataracte.
Pour relever ces défis, le PRSSODD mise d’abord sur le développement des compétences. Trente-six professionnels, dont des médecins ophtalmologistes, des techniciens supérieurs en ophtalmologie et des optométristes, suivront des formations de longue durée. Cinquante-et-un autres bénéficieront de sessions spécialisées de courte durée afin de consolider leur expertise.
En parallèle, les établissements de santé ainsi que les structures de formation recevront de nouveaux équipements. Dix ateliers d’optique seront créés afin de faciliter la fabrication de verres correcteurs. Le projet prévoit aussi 30 000 consultations ophtalmologiques et 4 000 opérations de la cataracte. Un centre de référence recevra également un appui destiné à améliorer la prise en charge du glaucome et de la rétinopathie diabétique, deux maladies qui figurent parmi les premières causes de déficience visuelle.
Une place importante est réservée aux personnes les plus exposées. Des consultations gratuites ainsi que des opérations de la cataracte seront organisées au profit des populations vulnérables afin de réduire les obstacles liés au coût des soins.
Les premiers bénéficiaires directs seront près de 84 000 patients répartis dans les districts sanitaires de l’Avé, de Yoto, de Vo et des Lacs. Toutefois, le renforcement des capacités du système de santé devrait profiter progressivement à l’ensemble du territoire.
Le gouvernement ambitionne d’accroître de 30 % la couverture des soins oculaires d’ici 2030. Le taux de chirurgie de la cataracte devrait lui aussi progresser, avec un objectif de 1 485 interventions par million d’habitants et par an d’ici 2027, contre 999 auparavant.
Ce programme prolonge les efforts déjà engagés dans le pays. La campagne nationale « Zéro cataracte », lancée en 2022 sous l’impulsion du président du Conseil, Faure Gnassingbé, avait permis de rapprocher les soins spécialisés des populations. Plus de 11 000 opérations avaient été réalisées dans les cinq régions économiques, hors Grand Lomé, dépassant l’objectif initial fixé à plus de 10 000 interventions. Des milliers de personnes avaient aussi bénéficié de consultations spécialisées et de verres médicaux fabriqués localement.
Avec le PRSSODD, les autorités consolident cette dynamique en misant sur une meilleure répartition des services, des ressources humaines mieux formées et des plateaux techniques renforcés. L’objectif reste de permettre aux populations, quel que soit leur lieu de résidence, d’accéder plus facilement à des soins oculaires de qualité.
