La signature d’une convention de coopération décentralisée entre la région de la Kara et Mayotte suscite une réaction officielle de l’Union des Comores. Dans un communiqué publié le 22 juillet 2026, le ministère comorien des Affaires étrangères dit avoir pris connaissance de l’accord et appelle les autorités togolaises à reconsidérer leur décision. Pour la région de la Kara, le partenariat conclu avec l’Assemblée départementale de Mayotte ouvre de son côté des perspectives de collaboration dans plusieurs secteurs du développement local.
La convention a été signée le 17 juillet 2026 par Bakém Téba Blakénam, président du Conseil régional de la Kara (CRK), et Ben Issa Ousséni, président de l’Assemblée départementale de Mayotte. Elle prévoit une coopération autour de plusieurs domaines, dont le développement économique, la santé, l’éducation, l’environnement, la culture, le tourisme et le renforcement des capacités institutionnelles.
Ce rapprochement intervient alors que le Togo poursuit la consolidation de sa décentralisation. Depuis l’installation des conseils régionaux et municipaux issus des élections locales, les collectivités disposent d’un cadre qui leur permet de développer des relations avec leurs homologues étrangers. Le gouvernement accompagne aussi ce processus par des actions de renforcement des compétences et de la gouvernance territoriale.
Toutefois, l’accord avec Mayotte touche à une question sensible pour l’Union des Comores. L’archipel revendique en effet la souveraineté sur Mayotte, devenue département français en 2011. Dans son communiqué, le ministère comorien des Affaires étrangères estime que la convention porte atteinte à « l’intégrité territoriale de l’Union des Comores ». Il dénonce également un acte qui, selon lui, « va à l’encontre du Droit international et des résolutions pertinentes de l’Union Africaine (UA) ».
Les autorités comoriennes appellent ainsi le Togo à revoir sa position. « Le Gouvernement de l’Union des Comores reste persuadé que le Gouvernement de la République du Togo reconsidérera cette signature malencontreuse », indique le document, qui évoque aussi les principes du droit international et les valeurs de la solidarité panafricaine.
Pour les autorités de la Kara, la convention repose avant tout sur une logique de coopération entre collectivités. Elle doit permettre aux deux territoires de partager leurs expériences et de travailler sur des problématiques communes. Les secteurs retenus concernent notamment l’économie locale, la santé, l’éducation, la protection de l’environnement et la culture.
Cette démarche intervient par ailleurs alors que le Togo accorde une place croissante aux partenariats territoriaux. La coopération décentralisée constitue l’un des leviers mobilisés pour rapprocher les collectivités, favoriser le partage de savoir-faire et soutenir la réalisation de projets locaux.
La réaction de Moroni place donc cet accord au croisement de deux dynamiques. D’un côté, l’ouverture de la région de la Kara vers de nouveaux partenariats extérieurs. De l’autre, la question non résolue du statut de Mayotte, qui demeure au cœur des relations entre l’Union des Comores et la France. La convention entre la Kara et Mayotte intervient ainsi dans un espace diplomatique sensible, alors que le Togo entretient des relations avec les différents acteurs concernés.
