Le marché offshore de Lomé occupe une place croissante dans la circulation des produits pétroliers en Afrique de l’Ouest. Grâce à ses infrastructures maritimes et à sa position géographique, la plateforme togolaise participe aux opérations de transbordement liées aux cargaisons issues de la raffinerie Dangote, située près de Lagos au Nigeria.
Une partie des produits raffinés par cette installation, dont la capacité de traitement atteint environ 650 000 barils par jour, est commercialisée par des négociants internationaux avant d’être acheminée par voie maritime vers différents marchés. Dans ce dispositif, les eaux togolaises servent de zone d’opérations pour certaines cargaisons qui sont ensuite redistribuées vers plusieurs destinations de la sous-région.

Selon des données présentées par S&P Global Commodity Insights lors d’un webinaire organisé par l’Association des commerçants d’énergie du Nigeria (MEMAN), entre mars et mai 2026, une proportion importante des volumes de carburant importés par voie maritime au Nigeria provenait de la raffinerie Dangote et circulait dans un réseau côtier impliquant notamment des opérations de réexpédition.
« Pour plusieurs mois, de mars à mai, nous avons observé bien plus de 70 à 80 % des volumes importés au Nigeria qui provenaient en réalité des cargaisons côtières de Dangote, réimportées ensuite », a expliqué Matthew Tracey-Cook lors de cette présentation.
Ce mécanisme repose sur le transbordement navire à navire (STS), une pratique courante dans le commerce maritime des hydrocarbures. Les grands navires pétroliers déchargent une partie de leur cargaison vers des bâtiments de plus petite capacité, mieux adaptés aux contraintes portuaires ou aux besoins des différents marchés. Cette organisation permet aux opérateurs d’ajuster les volumes transportés et de desservir plusieurs destinations à partir d’un même point logistique.
Pour le Togo, cette activité contribue à renforcer le rôle du port de Lomé dans les échanges maritimes régionaux. Le développement des opérations offshore génère des activités liées aux services portuaires, à la logistique maritime et aux prestations associées au secteur pétrolier.
Les données présentées par les acteurs du marché indiquent que l’activité offshore de Lomé demeure soutenue, malgré l’augmentation progressive de l’approvisionnement direct du marché nigérian par la raffinerie Dangote. Le positionnement du port togolais lui permet ainsi de rester un point d’appui dans l’organisation des flux de produits pétroliers en Afrique de l’Ouest.
Au-delà des échanges avec le Nigeria, la raffinerie Dangote développe également ses exportations vers d’autres marchés internationaux. Des cargaisons ont été acheminées vers plusieurs pays, notamment en Afrique et en Europe, selon les opportunités commerciales et les besoins des différents acheteurs.
Le recours au hub maritime togolais répond avant tout à des considérations économiques liées aux coûts de transport, à la disponibilité des navires et à la capacité de redistribution vers plusieurs marchés. Le passage par Lomé ne relève donc pas d’un simple retour de carburant vers son pays d’origine, mais d’une organisation commerciale adaptée aux réalités du commerce maritime régional.
Avec la progression des échanges de produits raffinés en Afrique de l’Ouest, les infrastructures portuaires et les services logistiques associés continueront de jouer un rôle dans l’acheminement des hydrocarbures. La place de Lomé dans ces circuits dépendra de l’évolution des besoins du marché, des choix des opérateurs et des capacités des plateformes régionales.
