Le passage à la Ve République conduit les formations politiques togolaises à redéfinir leurs rapports avec les institutions et entre elles. Dans cette phase, l’Union pour la République (UNIR) met en avant le dialogue, la concertation et le respect du cadre républicain comme ressorts du fonctionnement politique.
Le message a été porté par Yao Bloua Agbo, responsable du Mouvement des Sages UNIR (MSU), en marge du congrès de l’Union des forces de changement (UFC), auquel il participait samedi comme invité. Sa présence dans une rencontre organisée par une formation d’opposition donne une portée particulière à son appel à la coopération entre forces politiques.
« Aujourd’hui, plus que jamais, le Togo poursuit sa marche résolue dans le cadre de la 5ème République. Cette nouvelle architecture institutionnelle invite toutes les forces politiques à renforcer leur esprit de responsabilité, à privilégier l’intérêt supérieur de la nation et à travailler ensemble pour garantir la paix, la stabilité, la sécurité et le développement durable », a-t-il déclaré.
Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, le fonctionnement des pouvoirs publics repose sur une organisation différente de celle de la précédente République. Le chef de l’État conserve la fonction de Président de la République, tandis que le Président du Conseil est chargé de conduire l’action gouvernementale. La Constitution prévoit notamment que le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, ou celui de la coalition disposant de la majorité, devient Président du Conseil après la proclamation définitive des résultats législatifs.
Cette transformation institutionnelle modifie aussi les espaces de dialogue entre les formations politiques. Les débats ne portent plus seulement sur les échéances électorales ou l’exercice du pouvoir exécutif. Ils concernent aussi la manière dont les différentes forces représentées dans les institutions peuvent participer au fonctionnement du nouveau régime.
C’est sur ce terrain que le représentant du MSU situe son propos. Pour lui, les désaccords politiques ne doivent pas empêcher la recherche de points de convergence autour des intérêts collectifs. « Les grandes nations se construisent lorsque les divergences s’expriment dans le respect, lorsque les différences deviennent une richesse et lorsque les ambitions particulières s’effacent devant l’intérêt national », a-t-il affirmé.
Le choix de tenir ce discours lors du congrès de l’UFC donne également un relief particulier à la démarche. L’UFC entretient depuis 2010 une relation de coopération avec le parti au pouvoir, dans le cadre d’un accord politique qui reste en vigueur. En juin 2026, la formation de Gilchrist Olympio avait encore défendu ce partenariat, présenté par son porte-parole Emmanuel Vivien Tomi comme un mécanisme ayant contribué au maintien du dialogue entre pouvoir et opposition.
L’appel d’UNIR intervient ainsi dans un paysage politique où les rapports entre majorité et opposition continuent de se structurer autour des nouvelles institutions. Il porte moins sur l’effacement des divergences que sur leur expression dans le cadre prévu par la République.
Pour la majorité présidentielle, cette approche doit aussi concerner les enjeux économiques et sociaux. La mobilisation des différentes sensibilités politiques est présentée comme nécessaire pour accompagner les priorités de développement et préserver la stabilité du pays.
Le débat reste donc ouvert sur la manière dont les acteurs politiques traduiront cette volonté de concertation dans la pratique. Avec la Ve République, le dialogue entre formations politiques prend place dans une architecture institutionnelle qui appelle de nouveaux équilibres entre les pouvoirs et une participation accrue du Parlement à la définition de la politique nationale.
