La dynamique de l’économie togolaise repose toujours largement sur les services. En 2025, le secteur tertiaire a enregistré une croissance de 7,0 %, après 6,8 % en 2024, et contribué à hauteur de 3,5 points à la progression du produit intérieur brut (PIB) réel. Il représente ainsi la principale source de croissance du pays, selon les comptes nationaux publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED).
Cette performance intervient alors que l’économie nationale a progressé de 6,3 % en volume en 2025, contre 6,5 % un an plus tôt. Le secteur tertiaire a donc généré plus de la moitié de la croissance enregistrée sur l’année. Sa valeur ajoutée brute nominale a atteint 3 403,8 milliards de francs CFA, ce qui confirme son poids dans l’appareil productif national.
Derrière cette progression se trouvent plusieurs branches dont les performances ont nettement accéléré. Les transports et l’entreposage ont enregistré une hausse de 16,2 %, contre 4,5 % en 2024. Leur contribution à la croissance du PIB réel est passée de 0,4 à 1,4 point. Le mouvement traduit notamment le dynamisme des activités logistiques et portuaires.
Les services d’information et de communication ont également connu une forte progression, avec une croissance de 17,2 %. Cette branche a contribué à hauteur de 0,8 point à la croissance du PIB réel, contre 0,5 point en 2024. Le commerce a, pour sa part, progressé de 9,9 %, avec une contribution de 0,7 point.
Ces résultats donnent une image plus précise de la transformation de l’économie. Le tertiaire ne se résume plus aux activités commerciales traditionnelles. Les télécommunications, le numérique, la logistique, les services aux entreprises et les activités liées aux échanges occupent une place croissante dans la création de richesse.
La progression des transports et de l’entreposage illustre particulièrement cette évolution. Le Port autonome de Lomé, plateforme importante pour les échanges régionaux, soutient une partie de cette dynamique. En 2024, son trafic conteneurisé avait atteint environ 2,06 millions d’EVP, selon les données citées dans les analyses consacrées aux performances du secteur.
La croissance des services ne doit toutefois pas masquer des évolutions contrastées. Certaines branches ont pesé sur les résultats du tertiaire. Les activités financières et d’assurance ont reculé de 9,6 % en 2025, avec une contribution négative de 0,3 point à la croissance du PIB réel. L’administration publique a également enregistré une baisse de 8,8 %, qui s’est traduite par une contribution négative de 0,6 point.
Le secteur secondaire a lui aussi affiché une progression solide, avec une croissance de 7,5 % en 2025, contre 7,3 % en 2024. Cette évolution a notamment été portée par la construction, en hausse de 16,9 %, la fabrication de matériaux de construction, qui a progressé de 27,4 %, et les industries extractives, en hausse de 10,6 %. Le secteur primaire a connu une croissance plus modérée de 4,2 %, après 5,7 % en 2024.
Le tableau d’ensemble montre ainsi une économie où plusieurs moteurs fonctionnent simultanément, mais avec un avantage net pour les services. La progression du tertiaire traduit aussi l’importance croissante de la demande liée aux échanges, aux communications, aux transports et aux nouveaux usages numériques.
Cette évolution pose cependant une question sur la qualité de la croissance. L’augmentation du volume d’activité dans les services doit pouvoir se traduire par davantage de productivité, d’emplois qualifiés et de débouchés pour les petites entreprises. Le développement du numérique et de la logistique peut y contribuer, à condition que les gains de productivité bénéficient à un éventail suffisamment large d’acteurs économiques.
Avec une croissance de 7,0 % et une contribution de 3,5 points au PIB réel, le tertiaire conserve donc en 2025 sa place de principal moteur de l’économie togolaise. La progression des transports, des communications et du commerce montre surtout que la structure de la croissance évolue. Le défi consiste désormais à transformer cette vigueur des services en gains durables de productivité et en opportunités économiques plus largement réparties.
