Après cinq mois consécutifs à 0,1 %, l’inflation a légèrement accéléré en juillet 2026 pour atteindre 0,3 % au Togo. La remontée reste limitée, mais elle intervient alors que plusieurs produits de consommation courante ont connu des hausses sensibles, notamment dans l’alimentation, le transport et l’énergie.
Les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) montrent ainsi une inflexion après une longue période de stabilité. Le taux annuel demeure toutefois très inférieur au seuil de 3 % retenu par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) comme référence de stabilité des prix.
La hausse de juillet est d’abord visible dans l’évolution mensuelle de l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC). Celui-ci a progressé de 0,5 % par rapport à juin. Les restaurants et services d’hébergement ont augmenté de 1,0 %, les produits alimentaires et boissons non alcoolisées de 0,5 %, tandis que les transports ont enregistré une progression de 1,2 %. Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles ont également progressé de 0,4 %.
Le mouvement est particulièrement marqué sur certains produits alimentaires. Les tomates rondes importées ont vu leur prix augmenter de 59,0 % sur un mois. Le piment frais a progressé de 51,5 %, le poivron frais de 51,5 % et l’igname de 30,7 %. Le prix du foufou accompagné de sauce viande a augmenté de 8,5 %, contre 6,5 % pour le foufou avec sauce poisson.
Ces variations rappellent que la faiblesse de l’inflation globale ne signifie pas que tous les prix évoluent au même rythme. L’indice général agrège des centaines de biens et services dont les poids diffèrent dans les dépenses des ménages. Une forte hausse sur certains produits peut donc coexister avec une inflation annuelle contenue.
Sur douze mois, le niveau général des prix a progressé de 1,6 %. Les transports affichent une hausse de 5,3 %, tandis que le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles enregistrent 5,8 %. Les restaurants et services d’hébergement progressent de 1,8 %. Les produits alimentaires et boissons non alcoolisées affichent, eux, une hausse limitée à 0,5 %.
L’énergie constitue également un point de vigilance. Les prix des produits énergétiques ont augmenté de 10,2 % sur un an. Hors énergie et produits frais, la progression reste toutefois limitée à 0,8 %. Les prix des produits importés ont augmenté de 2,6 %, contre 1,2 % pour les produits locaux.
Cette évolution intervient après plusieurs mois de désinflation. En juin, le taux annuel était resté à 0,1 % pour le cinquième mois consécutif, alors même que l’IHPC avait progressé de 1,2 % sur un mois. Les tensions avaient alors porté notamment sur les produits alimentaires et le transport. Les prix de l’igname, des tomates et du piment avaient enregistré de fortes variations, tandis que l’essence et le gasoil avaient également renchéri.
La trajectoire reste donc très différente de celle observée lors des années de forte pression inflationniste. Le taux annuel était encore de 7,6 % en 2022 avant de reculer progressivement. Cette décrue s’est poursuivie en 2025, avec une inflation ramenée à 0,4 % en décembre, puis à 0,2 % en janvier 2026 et à 0,1 % dès février.
En juillet, la hausse à 0,3 % ne suffit pas à modifier cette tendance de fond. Elle met cependant en évidence la sensibilité du niveau général des prix aux variations de l’offre alimentaire, aux coûts de transport et aux prix de l’énergie. Les prochaines données permettront de déterminer si cette remontée reste ponctuelle ou si elle marque le début d’une accélération plus durable des prix.
