Le secteur secondaire togolais a poursuivi son accélération en 2025, avec une croissance réelle de 7,5 %, contre 7,3 % un an plus tôt. Derrière cette progression se dessine une économie où les chantiers d’infrastructures, la production de matériaux et les activités extractives prennent davantage de place dans la création de valeur. Le secteur tertiaire reste toutefois le premier contributeur à la croissance nationale.
Les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) donnent la mesure de cette évolution. La valeur ajoutée du secteur secondaire est passée de 1 078 milliards de francs CFA en 2024 à 1 158,4 milliards en 2025. Sa contribution à la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est restée stable à 1,5 point.
Cette progression intervient alors que l’économie togolaise a crû de 6,3 % en 2025, après 6,5 % en 2024. Le secteur tertiaire conserve la première place avec une croissance de 7 % et une contribution de 3,5 points au PIB. Le primaire, lui, a ralenti à 4,2 %, contre 5,7 % en 2024.
La construction constitue le principal moteur du secondaire. Sa valeur ajoutée a progressé de 16,9 % sur un an, avec une contribution de 0,5 point à la croissance du PIB réel. Cette évolution traduit l’intensité des travaux d’infrastructures, mais aussi l’activité des entreprises liées au bâtiment et aux ouvrages publics et privés.
La fabrication de matériaux de construction affiche une progression encore plus rapide, à 27,4 %. Le mouvement accompagne directement l’activité des chantiers et traduit une hausse de la production locale de biens destinés au secteur du bâtiment. La dynamique est d’autant plus notable qu’elle rapproche deux segments de l’économie qui se renforcent mutuellement, la construction soutenant la demande industrielle et la production locale répondant en partie aux besoins des chantiers.
Les industries extractives ont également contribué à cette progression, avec une croissance de 10,6 %. La fabrication de produits métallurgiques, de machines et les activités de réparation ont, pour leur part, augmenté de 6,7 %. Le mouvement concerne donc plusieurs composantes du secteur secondaire, même si son rythme reste principalement porté par le bâtiment et les matériaux.
Les données trimestrielles montrent que cette dynamique ne s’est pas limitée à une seule période de l’année. Au quatrième trimestre 2025, le secteur secondaire a enregistré une hausse de 12,1 % en rythme annuel. La fabrication de matériaux de construction progressait alors de 65,7 %, devant la fabrication de produits chimiques à 26,7 %, la construction à 17,6 % et les industries extractives à 10,2 %.
Cette évolution intervient après plusieurs années de développement des infrastructures industrielles. La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), mise en service en 2021, constitue l’un des principaux pôles de cette stratégie. Le site regroupe des activités allant de l’agro-industrie au textile, en passant par la pharmacie, les matériaux et l’assemblage. En 2025, de nouvelles unités ont notamment été inaugurées dans les secteurs pharmaceutique, agrochimique et de la fabrication de matériaux.
La logique recherchée dépasse la seule implantation d’usines. La PIA repose sur une organisation destinée à rapprocher production, transformation, stockage et logistique. Dans le textile, par exemple, le dispositif vise à transformer le coton produit localement en vêtements finis. Dans l’agro-industrie, il cherche à rapprocher les chaînes agricoles des activités de transformation.
Cette orientation commence aussi à se diffuser au-delà de la zone d’Adétikopé. En avril 2026, un protocole d’accord a été conclu avec l’Association des Entreprises et de la Culture de Hebei pour préparer la mise en place d’un parc industriel dans la région de la Kara. Le projet prévoit notamment des activités de transformation agroalimentaire, d’énergies renouvelables, d’assemblage d’équipements et de production de matériaux industriels.
Le développement du secondaire reste toutefois lié à plusieurs conditions. La progression de la construction et des matériaux reflète en partie l’intensité de l’investissement dans les infrastructures. Elle pose aussi la question de la capacité de l’industrie locale à élargir durablement ses débouchés, à accroître la transformation des matières premières et à développer des chaînes de valeur capables de dépasser les marchés liés aux travaux publics.
En 2025, les chiffres montrent en tout cas une évolution nette de la structure de la croissance. Le secondaire ne constitue pas encore son principal moteur, mais il progresse à un rythme supérieur à celui du tertiaire et renforce sa contribution à la production nationale. La croissance de 7,5 % apparaît ainsi moins comme un phénomène isolé que comme le résultat d’une montée en puissance de plusieurs activités industrielles, avec la construction au premier rang.
