L’accès au financement reste l’une des préoccupations des entreprises togolaises, notamment des petites et moyennes entreprises (PME). Pour répondre à ce défi, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a organisé une session d’information consacrée à la finance islamique et aux Sukuk, deux mécanismes financiers susceptibles d’élargir les possibilités de mobilisation de capitaux pour le secteur privé.
La rencontre, tenue mercredi au siège de l’institution, a rassemblé des chefs d’entreprise, des opérateurs économiques ainsi que des représentants d’institutions publiques et privées. Elle a été animée avec l’appui du cabinet Corporate Finance Consulting (CFiC Sénégal), spécialisé dans les questions de financement et d’accompagnement des entreprises.

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), Dr José Kwassi Symenouh, a rappelé les difficultés rencontrées par plusieurs entreprises pour accéder aux ressources nécessaires à leurs projets. Il a souligné l’importance d’explorer de nouvelles solutions financières capables de compléter les mécanismes classiques et de soutenir les investissements productifs.
Les échanges ont porté sur les principes de la finance islamique, présentée comme une approche fondée sur la transparence, le partage des risques et le financement d’actifs réels. Ce modèle, utilisé dans plusieurs régions du monde, ne s’adresse pas uniquement aux investisseurs musulmans. Il attire également des acteurs économiques à la recherche d’instruments financiers liés à l’économie réelle.
Une partie des discussions a été consacrée aux Sukuk. Ces titres financiers, adossés à des actifs identifiables, permettent de mobiliser des ressources pour des projets dans différents secteurs, notamment les infrastructures, l’industrie, l’énergie, les transports ou encore les technologies. Plusieurs pays africains, parmi lesquels le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Bénin, ont déjà intégré ces instruments dans leurs stratégies de financement.
Les experts ont également présenté plusieurs mécanismes de la finance islamique adaptés aux besoins des entreprises. La Murabaha, l’Ijarah et l’Istisna’ ont notamment été expliquées aux participants, avec leurs caractéristiques et leurs conditions d’utilisation selon les types de projets.
Les secteurs de l’agro-industrie, de l’industrie manufacturière, de l’énergie, de la santé, de l’éducation, des services numériques, de la logistique et des partenariats public-privé ont été identifiés comme des domaines pouvant bénéficier de ces solutions. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les projets de présenter une viabilité économique, de reposer sur des actifs réels et de respecter les principes propres à la finance islamique.
Les échanges ont aussi abordé d’autres outils pouvant renforcer la compétitivité des entreprises. La certification Halal peut faciliter l’accès à certains marchés internationaux, tandis que la certification fondée sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) répond aux attentes des investisseurs qui accordent une place croissante aux pratiques responsables.
« Les entreprises doivent explorer des mécanismes de financement innovants capables d’accompagner leurs projets et de renforcer leur compétitivité », a indiqué Dr José Kwassi Symenouh, président de la CCI-Togo.
Cette session a permis aux opérateurs économiques de mieux comprendre les conditions d’accès à ces instruments, les critères d’éligibilité des projets ainsi que les opportunités qu’ils peuvent représenter pour le financement du secteur privé togolais.
