Près de 205 000 personnes ont bénéficié en 2025 des interventions du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance. Derrière ce chiffre se dessine une politique sociale qui cherche à mieux cibler les vulnérabilités, avec une place importante accordée aux femmes, aux enfants et à l’insertion économique. Mais le bilan fait aussi apparaître un enjeu de taille, celui de transformer les ressources mobilisées en résultats durables.
Le chiffre donne une première mesure de l’effort public. Selon le bilan présenté le 21 janvier 2026 à Kpalimé, 204 718 personnes ont été accompagnées au cours de l’année 2025. Les femmes représentent 59,63 % des bénéficiaires.
La répartition géographique montre toutefois des écarts entre les territoires. Le Grand Lomé arrive en tête avec 65 642 personnes prises en charge. Viennent ensuite les Plateaux avec 33 533 bénéficiaires, la Kara avec 32 517, la Centrale avec 28 310, les Savanes avec 24 779 et la Maritime avec 19 937.
Ces interventions ne relèvent pas d’un seul dispositif. Elles couvrent plusieurs volets de l’action sociale, depuis la prise en charge des personnes exposées à la précarité jusqu’à la protection de l’enfance, la promotion de la femme et l’alphabétisation.
La lutte contre les vulnérabilités constitue le principal poste d’intervention. Elle a concerné 150 916 personnes, dont 83 677 femmes. Les actions ont notamment porté sur l’accompagnement social, la formation et l’insertion socioprofessionnelle. Cette orientation traduit une évolution de la réponse publique, qui ne se limite pas à l’aide ponctuelle et cherche aussi à renforcer les capacités économiques des personnes fragiles.
La protection de l’enfance a, de son côté, bénéficié à 12 700 enfants et adolescents, dont 6 126 filles. Les actions ont porté sur la prévention des violences et de la traite ainsi que sur le développement du leadership des jeunes.
Le volet consacré au genre et à la promotion de la femme a touché 33 297 personnes. Il comprend des actions d’éducation, de formation, de soutien aux activités économiques et de lutte contre les violences basées sur le genre. L’alphabétisation et l’éducation non formelle ont, elles, concerné 7 807 personnes, dont 6 283 femmes.
Ces résultats ont été obtenus avec des ressources évaluées à environ 1,81 milliard de francs CFA. L’État a mobilisé 950 millions de francs CFA sur ses ressources propres, tandis que les partenaires techniques et financiers ont apporté 861 millions. Le financement extérieur représente ainsi près de la moitié des ressources engagées pour ces interventions.
Le bilan fait aussi apparaître une différence entre l’exécution financière et la réalisation physique. Le taux de réalisation financière s’est établi à 82 %, contre 71,56 % pour l’exécution physique. Le taux global de consommation budgétaire a, pour sa part, atteint 94 % selon les données présentées lors de la revue annuelle.
Ces indicateurs donnent une autre lecture des chiffres de bénéficiaires. La question n’est plus seulement celle du nombre de personnes touchées, mais aussi de la capacité des programmes à atteindre les objectifs fixés et à produire des effets durables. Dans un secteur où les besoins restent élevés, cette exigence devient déterminante pour orienter les ressources vers les interventions les plus utiles.
Le sujet prend une dimension particulière avec le lancement, en décembre 2025, du Programme national de protection sociale. Ce dispositif prévoit notamment des transferts monétaires, des cantines scolaires, des infrastructures de base ainsi que des mesures destinées à soutenir l’autonomisation économique des jeunes et des femmes. Il vient compléter les mécanismes existants de protection sociale et traduit une volonté de mieux structurer les réponses publiques face à la pauvreté et aux vulnérabilités.
Pour 2026, le ministère entend donc renforcer la coordination avec ses partenaires et améliorer la planification de ses interventions. Lors de la revue de Kpalimé, la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Martine Moni Sankaredja-Sinandja, a souligné la nécessité de « perfectionner nos stratégies d’interventions, afin de réaliser des actions pertinentes répondant aux besoins réels des populations vulnérables ».
Le bilan de 2025 fournit ainsi une base chiffrée pour mesurer l’action sociale sur le territoire. Il met en évidence une couverture de plus de 200 000 personnes, une forte présence des femmes parmi les bénéficiaires et une mobilisation conjointe de ressources publiques et extérieures. Il place aussi l’efficacité des programmes, leur couverture territoriale et la durabilité des résultats au centre des priorités pour la suite.
