La sécurité des rencontres de football ne se limite plus au déploiement des forces de l’ordre autour des enceintes sportives. Elle repose désormais sur la planification des accès, la gestion des foules, l’évaluation des risques et la coordination des différents intervenants. C’est autour de cette approche que plus de 40 acteurs du football et de la sécurité participent, du 25 au 27 août à Lomé, à une formation de la Confédération Africaine de Football (CAF).
La session réunit des responsables de la Fédération Togolaise de Football (FTF), des représentants des clubs de première et de deuxième divisions, ainsi que des membres de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Les travaux alternent enseignements théoriques et exercices pratiques au Stade de Kégué.

Le programme porte notamment sur le contrôle des accès, la billetterie, la gestion des flux de spectateurs, la protection des supporters et les procédures d’urgence. L’objectif est de faire de la sécurité une composante intégrée de l’organisation d’un match, depuis l’arrivée du public jusqu’à son départ.
Cette orientation correspond à la politique engagée par la CAF depuis la création de son département de la sûreté et de la sécurité en 2019. L’instance continentale a depuis élaboré des règles communes pour ses 54 associations membres et développé des formations destinées aux personnels chargés de la sécurité des compétitions. Son initiative Safe Stadium avait déjà touché 36 associations membres au début du mois d’août 2026.

Les enjeux sont concrets. Les règlements de la CAF prévoient notamment que la capacité maximale d’un stade doit tenir compte de plusieurs paramètres, dont les accès, les voies d’évacuation et le temps nécessaire pour rejoindre une zone sûre. La gestion des entrées et des zones réservées fait aussi l’objet de procédures précises.
À Lomé, Christian Ndoua Zié, commissaire de police divisionnaire et instructeur de la CAF, insiste sur la nécessité de réduire les vulnérabilités organisationnelles. « Afin de réduire les failles organisationnelles ayant provoqué des incidents par le passé, la Confédération Africaine de Football renforce les compétences des acteurs de la sécurité sportive au Togo », explique-t-il. La formation aborde aussi la relation entre billetterie et sécurité, ainsi que la protection des supporters.
Zakariyha Diabaté, autre instructeur de la CAF, défend une approche fondée sur la préparation et les données. « La sécurité sportive est une science à part entière. Elle repose sur des statistiques, des données et des calculs, et non sur de l’improvisation », souligne-t-il. Selon lui, chaque séquence d’un match doit être pensée à l’avance, de l’arrivée des spectateurs aux fouilles, jusqu’à la sortie du stade.

Cette logique accorde une place centrale à la coordination. Gestionnaires des stades, forces de sécurité, services de secours, autorités locales et responsables de la sécurité sportive doivent disposer d’un même cadre opérationnel. L’objectif est de faciliter la circulation de l’information et de réduire les délais de réaction lorsqu’un incident survient.
À l’ouverture de l’atelier, le président de la Fédération Togolaise de Football, le colonel Guy Kossi Akpovy, a rappelé cette exigence. « Le stade doit demeurer un espace de passion, de communion et de joie, en éliminant tout sentiment de peur ou de danger », a-t-il déclaré. Il a notamment cité le contrôle des accès, le respect de la capacité d’accueil, la gestion des flux, les dispositifs de barrières et les plans d’urgence parmi les priorités.
La formation de Lomé intervient quelques semaines après un atelier similaire organisé à Johannesburg, en Afrique du Sud, du 27 au 29 juillet. La CAF avait alors réuni des responsables de la sécurité de la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Depuis le lancement de son programme, l’instance multiplie ainsi les sessions nationales et régionales afin de rapprocher les pratiques locales de ses standards continentaux.
Au Togo, les trois jours de travaux doivent déboucher sur une meilleure appropriation de ces méthodes par les acteurs chargés des rencontres nationales. Les exercices prévus au Stade de Kégué permettront de confronter les connaissances théoriques aux réalités opérationnelles d’une enceinte sportive.
Pour la FTF, cette formation intervient aussi dans une période où Lomé accueille régulièrement des activités de la CAF. La capitale togolaise avait notamment reçu, les 14 et 15 avril 2026, la réunion annuelle de la Commission médicale de l’instance continentale.
La sécurité devient ainsi une compétence à structurer au même titre que l’arbitrage, la médecine sportive ou la gestion des compétitions. Dans les stades, la qualité du spectacle dépend aussi de la capacité des organisateurs à anticiper les mouvements de foule, contrôler les accès et assurer une réponse coordonnée face aux situations imprévues.
