Plus de cinq décennies après l’établissement de leurs relations diplomatiques, le Togo et le Vietnam cherchent à donner davantage de substance à leur partenariat. Réunis le 1er septembre 2026 à Bichkek, en marge du sommet élargi de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS+), le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et la Vice-présidente vietnamienne, Vo Thi Anh Xuan, ont posé les bases d’une réflexion sur les secteurs susceptibles de porter les prochains développements de leur coopération.

La rencontre intervient alors que les échanges économiques entre les deux pays connaissent une progression. Selon les données communiquées par la partie vietnamienne, le commerce bilatéral a atteint 367 millions de dollars en 2025. Le Vietnam a exporté pour 267 millions de dollars vers le Togo, tandis que ses importations en provenance du pays ouest-africain se sont établies à 100 millions de dollars. Sur les sept premiers mois de 2026, les exportations vietnamiennes vers le Togo ont atteint 238 millions de dollars, en hausse de 67 % sur un an.
Ces chiffres donnent une dimension économique concrète aux discussions de Bichkek. Le Togo constitue désormais l’un des dix premiers partenaires commerciaux du Vietnam en Afrique, tandis que sa position géographique en Afrique de l’Ouest lui confère un intérêt particulier dans les échanges avec les marchés régionaux.
La réflexion engagée entre les deux parties ne se limite toutefois pas aux échanges commerciaux. Vo Thi Anh Xuan a proposé une revue des cadres de coopération existants, ainsi que la négociation et la conclusion d’accords dans des domaines spécifiques. Elle a également souhaité une intensification des échanges de délégations, notamment au plus haut niveau, et un rapprochement accru entre les entreprises des deux pays.

L’agriculture apparaît comme l’un des terrains les plus prometteurs. La Vice-présidente vietnamienne a exprimé la disponibilité de son pays à partager son expérience, à favoriser le transfert de technologies et à contribuer à la formation de compétences agricoles. L’objectif évoqué est notamment d’accompagner le Togo dans ses efforts en faveur de la sécurité alimentaire.
Cette orientation trouve un précédent dans l’histoire des relations bilatérales. Dès juillet 2006, une délégation togolaise comprenant des responsables et des experts du secteur agricole s’était rendue au Vietnam afin d’étudier des expériences en matière d’irrigation, de riziculture et de production du café. Les deux pays avaient alors envisagé une coopération agricole soutenue dans le cadre d’un dispositif associant également l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Les relations diplomatiques entre Lomé et Hanoï remontent au 8 février 1975. Elles ont ensuite été accompagnées par plusieurs instruments de coopération, dont un accord-cadre portant sur les domaines économique, commercial, culturel et scientifique et technique, conclu en 1995 puis remplacé par un nouvel accord en 2010. Les échanges de haut niveau ont également marqué cette relation, avec notamment la visite officielle du président Gnassingbé Eyadéma au Vietnam en 1995.
À Bichkek, la discussion a donc porté sur la manière de renouveler la portée pratique de ces acquis. Faure Gnassingbé a présenté le développement vietnamien comme une expérience dont le Togo pourrait notamment tirer des enseignements dans le domaine agricole. Il a également accepté le principe d’une prochaine visite au Vietnam afin d’observer directement certaines réalisations et de poursuivre les échanges sur des coopérations concrètes.
La dimension multilatérale complète ce rapprochement bilatéral. Les deux pays souhaitent maintenir leur coordination dans les enceintes internationales, notamment aux Nations unies, et envisagent également une coopération face à des enjeux transnationaux tels que le changement climatique.
