Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, prendra la parole ce jeudi 10 septembre 2026 à Londres lors de la 51e édition du World Nuclear Symposium. Prévue à partir de 9 h 20, heure de Londres, son intervention intitulée « Alimenter la prospérité : Une vision pour l’avenir » portera sur la place de l’énergie nucléaire dans les perspectives de développement et de prospérité. Le symposium, ouvert mercredi 9 septembre, se poursuit jusqu’au vendredi 11 septembre.
L’intervention du Président du Conseil intervient au moment où l’industrie nucléaire cherche à transformer les ambitions annoncées ces dernières années en projets effectivement financés et construits. Organisé par la World Nuclear Association, le rendez-vous londonien rassemble responsables publics, industriels, investisseurs, experts et acteurs de la chaîne nucléaire autour du thème « From Ambition to Action ». Les discussions portent notamment sur les financements, les partenariats industriels, les technologies, les chaînes d’approvisionnement et les conditions réglementaires nécessaires à l’accélération des projets.
La prise de parole de Faure Gnassingbé intervient donc au cœur d’un débat mondial sur le passage des objectifs énergétiques aux capacités de production. Le World Nuclear Outlook Report 2026, publié quelques jours avant l’ouverture du symposium, estime que les ambitions nationales réunies pourraient porter la capacité nucléaire mondiale à 1 457 gigawatts en 2050, à condition que les projets identifiés soient réalisés et que les réacteurs existants poursuivent leur exploitation. Le rapport rappelle également que 38 pays soutiennent désormais l’objectif de tripler les capacités nucléaires mondiales par rapport à 2020.
Cette dynamique donne une portée particulière à la présence togolaise. Le pays cherche depuis plusieurs années à structurer sa politique nucléaire autour des usages pacifiques de cette technologie, avec l’énergie parmi les secteurs ciblés. En février 2026, le Togo et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont signé à Vienne un nouveau Cadre de programmation pays pour la période 2026-2031. Le dispositif couvre notamment l’énergie, la santé, l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Le Togo siège par ailleurs au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour la période 2025-2027. Cette présence dans l’organe de décision de l’agence onusienne spécialisée dans le nucléaire intervient alors que Lomé renforce son dispositif national. Le Commissariat à l’énergie atomique a été créé en janvier 2025 avec notamment pour mission de coordonner les programmes de formation, de recherche et d’application des technologies nucléaires.
Le cadre juridique connaît également des évolutions. En juin 2026, le Parlement a autorisé l’adhésion du Togo à quatre conventions internationales relatives à la sûreté nucléaire et à la sécurité radiologique. Elles concernent notamment la sûreté des installations nucléaires, la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs, la notification rapide des accidents nucléaires et l’assistance en cas d’urgence nucléaire ou radiologique.
Ces dispositions viennent compléter la loi togolaise de 2020 consacrée à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique de l’énergie nucléaire ainsi que le dispositif national de sûreté et de sécurité nucléaires. Elles constituent aussi un cadre indispensable à toute politique visant à développer progressivement les applications nucléaires, alors que le pays ne dispose pas encore de centrale nucléaire.
La dimension africaine occupe également une place dans la démarche togolaise. En mai 2026, lors du Sommet sur l’innovation en matière d’énergie nucléaire pour l’Afrique (NEISA) organisé à Kigali, Faure Gnassingbé avait défendu une approche concertée du nucléaire civil sur le continent. Les discussions avaient notamment porté sur les moyens de rendre les projets nucléaires africains plus attractifs pour les investisseurs et sur le développement de solutions adaptées aux besoins énergétiques des économies africaines.
Cette orientation trouvera un prolongement à Lomé. La capitale togolaise accueillera du 1er au 3 juin 2027 la troisième édition du NEISA, après Kigali en 2026. Le rendez-vous doit réunir des acteurs africains et internationaux autour de l’innovation nucléaire et des perspectives de développement de cette filière sur le continent. COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 9 SEPTEMBRE 2026.pdf
À Londres, le discours du Président du Conseil intervient ainsi dans une séquence consacrée aux conditions concrètes de développement du nucléaire. Pour le Togo, les discussions offrent notamment l’occasion de présenter ses orientations, de consolider ses échanges avec les acteurs de la filière et d’examiner les formes de coopération susceptibles d’accompagner le développement de ses capacités énergétiques. Le symposium, qui réunit aussi investisseurs et opérateurs économiques, réserve une place importante aux partenariats et aux mécanismes de financement.
Rendez-vous ce jeudi matin à Londres, pour cette intervention consacrée à l’évolution des frontières du nucléaire mondial.
