Le prix du super sans plomb bondit de 92 FCFA le litre à partir du 11 septembre 2026, passant de 725 à 817 FCFA, tandis que le gasoil n’augmente que de 16 FCFA, à 766 FCFA. Cette hausse différenciée intervient alors que le pétrole brut dépasse à nouveau les 100 dollars le baril sur les marchés internationaux. Elle met en lumière le poids des produits raffinés, du transport et des conditions d’approvisionnement dans la formation des prix à la pompe.
La nouvelle grille tarifaire attire d’abord l’attention par l’écart entre les deux principaux carburants. En mai, le super était passé de 680 à 725 FCFA, soit une hausse de 45 FCFA. Quelques mois plus tard, l’ajustement est deux fois plus important, avec 92 FCFA supplémentaires. Le gasoil suit une trajectoire beaucoup moins marquée, passant de 750 à 766 FCFA.
Cette différence montre que l’évolution du prix à la pompe ne dépend pas uniquement du niveau du baril. Entre le pétrole brut acheté sur les marchés internationaux et le litre vendu au consommateur, plusieurs coûts interviennent. Le prix du produit raffiné, le transport maritime, l’assurance, les conditions d’approvisionnement et les différents prélèvements participent au montant final.
Le marché international fournit néanmoins le principal élément d’explication. Le Brent, référence mondiale, a atteint 107,63 dollars le baril jeudi 10 septembre, après une progression de 6,34 % sur la séance. Le WTI américain a lui aussi dépassé les 102 dollars. Cette poussée intervient alors que les tensions géopolitiques perturbent les routes maritimes et font peser davantage de risques sur les flux pétroliers.
Pour un pays importateur de produits pétroliers, le renchérissement du brut ne constitue donc qu’une partie de la facture. Lorsque les risques augmentent, les coûts du fret et de l’assurance progressent également. Les conditions du marché des produits raffinés peuvent ensuite accentuer ou atténuer la hausse au moment où les cargaisons sont achetées.
C’est ce mécanisme qui permet de comprendre pourquoi deux carburants soumis au même environnement international peuvent évoluer dans des proportions différentes. Le super et le gasoil ne sont pas nécessairement achetés aux mêmes conditions et leurs marchés internationaux peuvent connaître des tensions différentes.
La nouvelle grille doit également être replacée dans l’arbitrage entre le coût réel des importations et le prix supporté par le consommateur. Une répercussion intégrale et immédiate des fluctuations internationales protégerait davantage les finances publiques, mais exposerait directement les ménages et les entreprises. À l’inverse, maintenir les prix à un niveau inférieur au coût d’approvisionnement peut limiter le choc sur le pouvoir d’achat, mais suppose que la différence soit absorbée quelque part, notamment par les finances publiques ou les opérateurs de la chaîne.
L’évolution du super constitue ainsi le principal point de vigilance. À 817 FCFA le litre, il reste inférieur aux niveaux observés sur certains marchés voisins, notamment en Côte d’Ivoire, où le prix du super est annoncé autour de 900 FCFA en septembre. Cette comparaison montre que la hausse togolaise intervient dans une dynamique régionale plus large, même si chaque pays applique ses propres mécanismes de fixation des prix.
L’effet ne s’arrêtera toutefois pas aux stations-service. Le carburant intervient dans le transport des personnes et des marchandises et pèse indirectement sur de nombreuses activités économiques. Une augmentation du super peut notamment affecter les coûts d’utilisation des véhicules particuliers, des taxis et d’autres moyens de transport. Le gasoil, de son côté, concerne fortement le transport routier de marchandises et une partie des activités professionnelles.
La trajectoire des cours internationaux sera donc déterminante dans les prochaines semaines. Si le Brent se maintient durablement au-dessus de 100 dollars, la question du prix à la pompe pourrait revenir rapidement au centre des arbitrages économiques. À l’inverse, un reflux des cours ou une détente sur les coûts d’approvisionnement pourrait réduire la pression.
