La Marine togolaise dispose désormais de moyens supplémentaires pour surveiller les eaux nationales, intervenir contre les activités illicites et conduire des opérations de recherche et de sauvetage. Remis le 7 septembre 2026 à la Base navale de Lomé dans le cadre du programme SWAIMS, deux embarcations rapides et des kits d’investigation viennent renforcer une coopération entre le Togo et l’Union européenne qui associe équipements, formation et coordination régionale.
Deux nouvelles embarcations rapides à coque rigide, ou RHIB, ont rejoint les moyens opérationnels de la Marine togolaise. Elles sont accompagnées de kits destinés aux investigations. Leur utilisation doit renforcer la capacité des équipes à intervenir rapidement en mer, notamment pour la surveillance des espaces maritimes, la lutte contre la criminalité, le contrôle des activités de pêche et les opérations de recherche et de sauvetage.

Cette dotation intervient alors que la surveillance du golfe de Guinée reste une priorité pour les États côtiers et leurs partenaires. La région concentre d’importantes activités de transport maritime et de pêche, mais demeure exposée à plusieurs formes de criminalité, notamment les trafics, la pêche illicite, les vols à main armée et les enlèvements de marins. L’Union européenne estime que près de 1 500 navires de pêche, cargos et navires-citernes circulent quotidiennement dans cet espace maritime.
Le choix de renforcer les moyens d’intervention du Togo répond ainsi à une problématique qui ne se limite pas à la capacité de présence en mer. La détection d’une activité suspecte doit pouvoir être suivie d’une intervention, puis, si nécessaire, d’une procédure d’enquête et de traitement judiciaire. C’est précisément cette chaîne que la coopération européenne cherche depuis plusieurs années à consolider.
Le programme Support to West Africa Integrated Maritime Security (SWAIMS) constitue l’un des instruments de cette politique. Lancé en 2019 avec une contribution européenne annoncée à 28 millions d’euros, il vise à soutenir la mise en œuvre de la stratégie maritime intégrée de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en renforçant les capacités, la gouvernance et les dispositifs de lutte contre la criminalité maritime.
Au Togo, cette coopération ne se limite donc pas à la fourniture de matériel. Le dispositif comprend également des formations spécialisées avec la Marine portugaise et l’Autorité maritime portugaise. Des exercices conjoints régionaux sont aussi prévus avec la frégate portugaise NRP Álvares Cabral. L’objectif est de permettre aux forces concernées de mieux coordonner leurs interventions et de développer des méthodes communes.
Cette approche correspond à l’évolution de la coopération maritime européenne dans le golfe de Guinée. Depuis l’adoption de sa stratégie régionale en 2014, l’Union européenne soutient notamment le partage d’informations, la formation, le renforcement des capacités nationales et la coopération entre les États côtiers. Elle appuie également l’architecture de Yaoundé, qui associe la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et la Commission du golfe de Guinée.
Le Togo occupe une place particulière dans cette architecture. Sa façade maritime est intégrée à la zone E, qui regroupe le Togo, le Bénin et le Nigeria et dispose d’un centre multinational de coordination maritime basé à Cotonou. Le partage d’informations et la coordination entre les États riverains constituent donc une composante essentielle de la réponse aux menaces maritimes.
La coopération européenne intervient aussi dans un domaine où le Togo a renforcé son arsenal juridique. La législation nationale sur la piraterie et les autres infractions liées à la criminalité maritime a notamment été révisée depuis 2015. En juillet 2021, le pays a enregistré les premières condamnations d’actes de piraterie en Afrique de l’Ouest, selon la Délégation de l’Union européenne au Togo.
Les deux RHIB et les équipements d’investigation prennent donc place dans un dispositif plus large. Ils doivent accroître la capacité d’action de la Marine togolaise, tandis que les formations et les exercices cherchent à améliorer l’utilisation de ces moyens et leur articulation avec les partenaires régionaux.
Dans un espace maritime où les activités commerciales, la pêche et la circulation des navires sont étroitement liées aux économies côtières, la surveillance constitue aussi une question de protection des échanges et des populations. Pour le Togo et ses partenaires européens, le renforcement des moyens en mer répond ainsi à une logique combinant présence opérationnelle, coopération régionale, partage d’informations et capacité judiciaire.
