Treize filières sont proposées pour le démarrage de l’Université de Datcha, réparties entre les sciences agronomiques et environnementales, les sciences, technologies et innovation ainsi que les sciences économiques, sociales et du territoire. Le président de l’établissement, Professeur Essohanam Batchana, explique que cette offre a été pensée pour tenir compte des réalités des Plateaux tout en se distinguant des formations déjà disponibles dans les universités publiques de Lomé et de Kara.
La conception de l’offre de formation repose d’abord sur un principe de différenciation. « Lorsque elle a été ouverte en septembre 2023, il y avait des ambitions qui lui ont été faites en sorte que les filières qui sont proposées ne soient pas les mêmes que celles qui sont produites déjà dans les deux premières universités du Togo », explique Prof. Batchana. L’objectif, poursuit-il, était de construire une université capable de « conjuguer le contexte local » avec les orientations nationales.
Cette approche prend en compte le profil économique et géographique de la région des Plateaux. Le président de l’université rappelle que celle-ci est « essentiellement agricole », avec une partie ouest à dominante forestière et agroforestière et une partie est davantage tournée vers les céréales et l’élevage. Ces caractéristiques ont contribué au choix des premières formations.
L’Institut des sciences agronomiques et environnementales occupe ainsi une place centrale dans le dispositif, avec cinq filières consacrées aux domaines agronomiques, agricoles et environnementaux. À ses côtés, l’Institut des sciences, technologies et de l’innovation propose trois filières dans des domaines comprenant l’instrumentation et le biomédical, l’agroéquipement et l’agrotechnologie ainsi que les sciences technologiques et du nucléaire.
La Faculté des sciences économiques, sociales et du territoire complète l’offre avec cinq filières. Elle regroupe deux composantes, l’une consacrée aux sciences économiques et à la gestion, l’autre aux sciences sociales et aux sciences du territoire. Au total, 13 filières sont donc ouvertes pour cette première phase de démarrage.
Pour Prof. Batchana, cette configuration doit aussi répondre à une question récurrente sur l’adéquation entre les formations universitaires et les besoins du pays. « Le reproche qui a été fait jusqu’ici aux universités, c’est de former des gens qui ne sont pas en lien avec les besoins nationaux », relève-t-il. C’est précisément pour répondre à cette préoccupation que l’Université de Datcha entend « se singulariser par rapport à sa formation et par rapport à ses filières ».
Le choix de ces parcours vise également les nouveaux bacheliers. Pour le président de l’université, leur intérêt réside notamment dans la possibilité d’intégrer une structure dont les formations ont été conçues autour de domaines spécifiques. Il évoque une université appelée à devenir « une université d’excellence, de rigueur et de bonne activité » et estime que le lancement de l’établissement représente « un challenge très excitant » pour les premiers étudiants.
Cette première promotion n’est pas destinée aux seuls jeunes des Plateaux. « L’Université de Datcha n’appartient pas que à la région des Plateaux, elle est une université nationale », insiste Prof. Batchana. L’établissement souhaite ainsi accueillir des étudiants venus des différentes régions, à l’image des flux observés dans les universités de Lomé et de Kara.
Le dispositif de candidature a été organisé en conséquence. Trois points de dépôt sont prévus, à l’Université de Lomé, à l’Université de Kara et directement à l’Université de Datcha. À Lomé, les dossiers sont centralisés au Centre de formation continue. À Kara, un guichet est également prévu.
Pour cette première rentrée, le dépôt des candidatures se fait en présentiel. Aucune inscription à distance n’a été retenue. Le président encourage toutefois les candidats à se rendre directement à Datcha, afin de découvrir les infrastructures et l’environnement dans lesquels ils pourraient effectuer leur parcours universitaire.
« Nous avons commencé par faire découvrir l’université à ses futurs pionniers », explique Prof. Batchana. Le lancement des candidatures doit ainsi accompagner la mise en place progressive d’une université dont les premières formations ont été définies autour des ressources agricoles, de l’environnement, des technologies, de l’économie et de la connaissance du territoire.
