Trois lycéens togolais viennent de passer près de deux mois à Shenzhen, entre centres de formation, usines, apprentissage du pilotage de drones et visites scientifiques. Première édition de CONIIA EXPLOR IA, cette immersion leur a permis de découvrir de près un écosystème industriel où l’intelligence artificielle et les technologies avancées occupent déjà une place importante.

L’apprentissage par l’expérience
Les drones occupent une place centrale dans le récit des participants. Pendant plusieurs semaines, les trois jeunes ont suivi une formation au pilotage auprès d’une entreprise présentée par les organisateurs comme un leader mondial du secteur. L’un d’eux, qui se destine à l’ingénierie en robotique, a aussi découvert des centres de formation et de grandes usines.
« Nous aussi au Togo nous pouvons faire comme les jeunes Chinois », a déclaré le porte-parole du groupe à son retour. Il évoque un séjour intense et dit repartir avec une motivation renforcée pour la suite de ses études. Les visites de sites industriels et de musées scientifiques et technologiques ont complété les formations pratiques.

Le programme CONIIA EXPLOR IA s’adresse aux lycéens africains âgés de 15 à 20 ans. Sa première édition a associé apprentissage pratique, rencontres avec des professionnels et immersion dans différents environnements technologiques. L’objectif affiché est de familiariser les jeunes avec les applications de l’intelligence artificielle, la robotique, les drones et les métiers liés aux technologies.
Shenzhen, un laboratoire industriel grandeur nature
Le choix de Shenzhen donne une résonance particulière à cette immersion. La métropole chinoise concentre une part importante de l’industrie nationale du drone. Selon l’agence Xinhua, elle produit environ 70 % des drones grand public chinois et la moitié des drones industriels du pays. La ville a aussi développé un important réseau de services utilisant les appareils autonomes, notamment pour la logistique à basse altitude.

Les chiffres illustrent l’ampleur de cet écosystème. Shenzhen comptait 310 routes logistiques à basse altitude en 2025, dont 82 ouvertes au cours de cette seule année. La ville a parallèlement renforcé ses infrastructures destinées aux appareils autonomes.
Cette industrie repose sur un effort de recherche soutenu. Les dépenses de recherche et développement de Shenzhen sont passées de 151,08 milliards de yuans en 2020 à 245,31 milliards en 2024, soit une progression annuelle moyenne de 12,9 %, selon les données présentées par les autorités municipales.

L’environnement éducatif chinois évolue lui aussi rapidement. En avril 2026, le ministère chinois de l’Éducation et quatre autres administrations ont adopté un plan consacré au développement de l’intelligence artificielle dans l’éducation. Le dispositif prévoit notamment une progression de l’enseignement de l’IA selon les niveaux scolaires, avec une place accordée aux expériences pratiques et aux projets interdisciplinaires.
Du Togo à Shenzhen
Pour le Conseil International de l’Intelligence Artificielle (CONIIA), cette première immersion prolonge une démarche engagée au Togo auprès des plus jeunes. Les Kids Innovation Days avaient réuni, en décembre 2025 à Lomé, plus de 700 enfants âgés de 7 à 17 ans autour de l’intelligence artificielle, de la robotique, de la programmation et d’autres technologies. Les participants avaient notamment pris part à des ateliers de construction et de programmation de robots ainsi qu’à des initiations au pilotage de drones.
CONIIA EXPLOR IA s’adresse à un public plus âgé et introduit une confrontation directe avec les environnements professionnels. Le programme cherche à rapprocher les lycéens des sciences et des filières technologiques, tout en développant leur capacité à comprendre et à utiliser les technologies de manière responsable.
Le président du CONIIA, Dr Malik Morris MOUZOU, présente cette démarche comme un moyen de faire passer les jeunes de la découverte à la construction d’un projet. Il résume l’ambition par la volonté de « transformer la découverte en vocation, puis la vocation en action ».

Une immersion qui concerne aussi les étudiantes
Les trois lycéens togolais ne sont pas les seuls jeunes bénéficiaires des programmes du CONIIA à avoir rejoint Shenzhen. Quatre jeunes Togolaises, lauréates de compétitions nationales accompagnées entre 2025 et 2026 dans le cadre du programme « IA Développement dans les Universités d’Afrique », ont participé au CONIIA Technological Summer Camps 2026.
Leur séjour leur a notamment permis de découvrir des établissements universitaires et des entreprises de Shenzhen spécialisées dans la robotique, les drones et la mobilité intelligente. Le dispositif touche donc plusieurs niveaux de formation, des enfants engagés dans les premières activités d’initiation aux lycéens et étudiantes confrontés à des environnements technologiques plus spécialisés.
Pour les trois lycéens revenus de Chine, le prochain prolongement de l’expérience doit se faire au contact de leurs camarades au Togo. Leur participation au programme doit notamment leur permettre de partager les connaissances et les découvertes accumulées pendant leur séjour à Shenzhen.
