La valorisation d’une production locale dépend autant de son organisation que de sa capacité à atteindre les marchés. La visite du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à Nangou, dans la province chinoise du Shaanxi, le 10 octobre 2026, met en lumière les ressorts économiques d’une expérience agricole dont certains enseignements pourraient intéresser le Togo.
La pomme constitue le socle de l’économie de Nangou, village de la région de Yan’an. Sa culture a contribué à l’amélioration des conditions de vie des habitants, tandis que l’organisation de la production et les circuits de commercialisation ont donné à cette activité une portée économique dépassant le cadre des exploitations individuelles. La visite de Faure Gnassingbé permet d’observer les mécanismes qui relient les ressources d’un territoire à la création de revenus.

La structuration collective des producteurs constitue l’un des aspects de cette expérience. Les coopératives peuvent faciliter la coordination des récoltes, la mutualisation de certains moyens et l’accès aux services nécessaires à la production. Pour les exploitants, l’enjeu est de mieux organiser leur activité afin de répondre aux exigences des acheteurs, sans que les contraintes de chaque exploitation compromettent la régularité de l’offre.
La commercialisation représente un autre maillon déterminant. Le tri, le conditionnement, la conservation et l’acheminement des produits influent sur leur qualité et leur disponibilité. L’essor du commerce électronique dans les campagnes chinoises a par ailleurs ouvert de nouveaux canaux de vente aux producteurs agricoles. Selon l’agence de presse Xinhua, ces circuits numériques ont contribué à rapprocher des exploitations rurales de consommateurs auparavant difficiles à atteindre.
Au Togo, plusieurs filières sont confrontées à la nécessité de mieux articuler production, transformation et accès aux débouchés. La politique sectorielle agricole accorde une place à l’investissement dans les infrastructures, au développement des unités de transformation et aux services logistiques. Ces orientations visent à améliorer la valorisation des récoltes et à consolider les activités économiques qui leur sont liées.
Des initiatives existent déjà dans cette direction. Le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) accompagne notamment la structuration de la filière rizicole, en agissant sur les différents maillons de la chaîne de valeur. Le développement des relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs doit faciliter l’écoulement de la production et améliorer les conditions de rémunération des riziculteurs.
L’expérience de Nangou fournit ainsi un terrain d’observation pour examiner les liens entre organisation coopérative, valorisation des produits et accès aux marchés. Les pratiques susceptibles d’intéresser le Togo devront toutefois être appréciées au regard des cultures locales, des capacités des producteurs et des infrastructures disponibles. La visite ne suffit pas, à elle seule, à établir qu’un dispositif chinois sera repris dans les politiques agricoles togolaises.
Arrivé le 11 octobre à Xiamen, dans la province du Fujian, le Président du Conseil, poursuit sa visite en Chine.
