L’introduction de portiques de détection et de scanners de colis dans trois établissements pénitentiaires marque une évolution des méthodes de fouille au Togo. Le dispositif doit améliorer la détection des objets interdits et faciliter le travail des surveillants, jusque-là contraints de procéder à des contrôles manuels.

La réception officielle des équipements s’est déroulée le 14 octobre 2026 dans les prisons civiles de Lomé, de Kara et de Kpalimé. Me Pacôme Adjourouvi, ministre de la Justice et des Droits humains, y a pris part aux côtés du colonel Calixte Madjoulba, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, et du colonel magistrat militaire Dadjo Ograbako, commandant du corps des surveillants de l’administration pénitentiaire.
Le matériel comprend des portiques de détection, des scanners destinés à l’inspection des colis et des caissons pour ranger les effets personnels des visiteurs et des avocats avant leur entrée dans les établissements. Jusqu’à présent, les fouilles reposaient sur des vérifications manuelles, une méthode qui pouvait compliquer le repérage de produits ou d’objets prohibés. L’utilisation des nouveaux appareils doit rendre ces opérations plus fiables et renforcer la sécurité des détenus, du personnel et des personnes autorisées à accéder aux prisons.

À Lomé, les aménagements ont dépassé la seule installation des appareils. Un local dédié a été construit et des toilettes ont été aménagées pour les visiteurs. Un groupe électrogène de 88 kVA doit garantir la continuité du fonctionnement des équipements en cas de coupure d’électricité. Les travaux sur les trois sites ont été confiés à Techniques Nouvelles et Construction (TNC).
La sécurisation des établissements pénitentiaires figurait déjà parmi les recommandations d’un atelier organisé en décembre 2021 à Atakpamé par le ministère de la Justice, avec la collaboration d’Amnesty International. Les participants avaient préconisé l’installation de portiques et de scanners, ainsi que le recours à des brouilleurs, afin de mieux contrôler les entrées et de limiter l’introduction d’objets interdits.
La modernisation des contrôles ne règle cependant pas les autres difficultés auxquelles l’administration pénitentiaire est confrontée. Une tournée ministérielle menée en octobre 2024 avait notamment mis en évidence des problèmes de surpopulation, de vétusté des infrastructures et d’insuffisance des équipements dans plusieurs établissements du pays.
La visite du 14 octobre a aussi conduit les deux ministres à examiner des cellules, la salle de conférence, la boulangerie et la cuisine de la prison civile de Lomé. La salle de conférence nécessite des travaux de réfection, tandis que l’état des autres installations a été examiné dans le cadre de cette visite.
