Le Sénat togolais a voté mercredi deux textes qui consolident le cadre légal du secteur financier national. La première loi encadre les activités de microfinance. La seconde réprime la contrefaçon monétaire et les atteintes aux signes monétaires dans l’espace de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
Ces textes s’ajoutent à la législation anti-blanchiment adoptée récemment. Cette dernière vise le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Les trois dispositifs forment désormais un ensemble cohérent qui sécurise l’architecture financière togolaise.
La microfinance joue un rôle crucial dans l’accès aux services bancaires pour les populations exclues du système classique. Des millions de Togolais utilisent ces institutions pour épargner et emprunter. Les femmes et les jeunes constituent les principaux bénéficiaires de ces services de proximité.
Le texte adopté transpose la loi uniforme votée par le Conseil des ministres de l’UEMOA en 2023. Les nouvelles dispositions renforcent les exigences en matière de gouvernance. La transparence comptable devient une obligation incontournable. La supervision des institutions s’intensifie pour prévenir les dérives.
Les structures de microfinance devront se doter de dispositifs de contrôle interne. L’adhésion aux centrales d’information sur le crédit devient obligatoire. La collaboration avec les autorités compétentes s’impose à tous les acteurs du secteur. Ces garde-fous transforment la microfinance en outil à la fois inclusif et sécurisé.
La contrefaçon monétaire s’organise de plus en plus au niveau transnational. Ce phénomène menace directement la crédibilité de la monnaie commune. La stabilité économique de l’ensemble de la zone UEMOA subit les conséquences de ces pratiques criminelles.
Le ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola, a souligné la portée stratégique de ces réformes. « Ces textes s’inscrivent dans la vision du président du Conseil Faure Gnassingbé de bâtir une économie compétitive, inclusive et résiliente, capable de relever les défis du siècle », a-t-il déclaré. L’amélioration du climat des affaires figure parmi les objectifs poursuivis.
La sécurité juridique et financière des investissements au Togo se renforce grâce à ce cadre législatif modernisé. Les opérateurs économiques disposent désormais de garanties plus solides. Cette prévisibilité attire les capitaux nécessaires au développement.
Les sénateurs ont exprimé plusieurs préoccupations durant les débats. Les taux d’intérêt pratiqués par les institutions de microfinance ont fait l’objet de questionnements. Ces taux parfois élevés pèsent sur les emprunteurs les plus fragiles. La régulation de ces pratiques tarifaires devient nécessaire.
Le renforcement des capacités de la Direction de la microfinance a également été évoqué. Cette administration doit disposer des moyens humains et matériels pour assurer sa mission de supervision. L’effectivité du contrôle dépend de ces ressources.
L’accompagnement des institutions existantes dans l’application des nouvelles règles préoccupe les parlementaires. Les structures devront adapter leurs pratiques aux exigences renforcées. Cette transition nécessite un soutien technique et financier.
Le ministre Barcola a pris note de ces observations. Le gouvernement s’engage à apporter des réponses concrètes à ces préoccupations légitimes. Les modalités d’accompagnement seront précisées dans les textes d’application.
Ces législations posent les fondations d’une économie plus inclusive. La sécurisation du système financier protège les usagers et les investisseurs. Le Togo se dote ainsi d’outils adaptés aux défis financiers contemporains qui évoluent rapidement avec la mondialisation et la digitalisation des transactions.
