La localité de Fondah, dans le canton de Tchébébé (commune de Sotouboua 3), est confrontée à une montée inquiétante des tensions liées à la transhumance. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs, longtemps latents, prennent une tournure de plus en plus préoccupante, sur fond de destruction récurrente des cultures par des troupeaux en divagation.
Dans cette zone à forte activité agricole, de nombreux exploitants dénoncent des pertes importantes causées par le passage incontrôlé du bétail. L’absence de mécanismes d’indemnisation alimente un sentiment d’abandon et renforce les frustrations au sein des communautés affectées.
La situation a récemment dégénéré en affrontements violents, impliquant des armes blanches et faisant plusieurs blessés. Dans un contexte de tension extrême, des jeunes du village ont abattu plusieurs bœufs, en représailles aux dégâts subis dans les champs. Ces actes ont entraîné une intervention rapide des forces de sécurité, suivie de l’interpellation de plusieurs personnes.
Ces arrestations, bien que conformes à la loi, suscitent des réactions mitigées. Une partie de la population déplore une réponse jugée déséquilibrée, estimant que les destructions répétées des cultures liées à la transhumance n’ont pas fait l’objet de la même promptitude d’action. Face à ce climat tendu, certains jeunes auraient quitté la localité, redoutant de nouvelles interpellations.
À l’approche de la saison des pluies, cette insécurité grandissante pèse sur les activités agricoles. Plusieurs producteurs hésitent à investir leurs champs, craignant de nouveaux incidents, ce qui pourrait compromettre la prochaine campagne.
Malgré les efforts de médiation engagés par les autorités locales, la situation reste fragile. Cet épisode met en évidence les défis persistants liés à la gestion de la transhumance, notamment en matière de cohabitation entre éleveurs et agriculteurs, de sécurisation des espaces agricoles et de prévention des conflits.
Dans cette partie du pays, où les équilibres sont déjà précaires, l’urgence est désormais de restaurer le dialogue et de mettre en place des solutions durables afin d’éviter une escalade aux conséquences plus graves pour la cohésion sociale et l’économie locale.
