La lutte contre le VIH poursuit son évolution au Togo. Après la validation du nouveau Plan stratégique national de lutte contre le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles (IST) pour la période 2027-2030, le pays entend consolider les résultats enregistrés ces dernières années et renforcer les actions destinées à réduire davantage les nouvelles infections.
Ce nouveau document prend le relais du Plan stratégique national (PSN) 2023-2026, dont l’exécution a permis d’améliorer plusieurs indicateurs. Son élaboration s’appuie sur les expériences acquises afin d’adapter la riposte aux défis actuels et aux objectifs fixés à l’horizon 2030 par la communauté internationale.
Les données les plus récentes traduisent une évolution favorable. Entre 2010 et 2024, le nombre de nouvelles infections au VIH ainsi que celui des décès liés au sida ont diminué de plus de 60 %. Cette progression est liée à l’élargissement du dépistage, à une meilleure disponibilité des traitements et à la poursuite des campagnes de prévention.
Par ailleurs, la prévalence du VIH poursuit son recul. Estimée à 2,5 % en 2014, elle est désormais évaluée à 1,6 % en 2025, selon les chiffres nationaux.
L’accès aux soins affiche également une évolution encourageante. À la fin de l’année 2024, près de 92 000 personnes vivant avec le VIH bénéficiaient d’un traitement par antirétroviraux (ARV), soit environ neuf personnes sur dix concernées.
Chez les femmes enceintes, les indicateurs suivent la même dynamique. En 2025, 275 983 femmes ont effectué un dépistage. Parmi les 3 731 femmes enceintes vivant avec le VIH, 90,65 % ont reçu un traitement par ARV, contre 86,51 % un an plus tôt. Dans le même temps, le taux de transmission du virus de la mère à l’enfant est passé de 13,44 % en 2024 à 11,35 %.
Afin de maintenir cette évolution, l’État prévoit de consacrer trois milliards de francs CFA en 2026 à la prise en charge de 99 023 patients sous traitement antirétroviral.
Le Togo continue aussi de se rapprocher des objectifs dits « 95-95-95 » définis par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). À ce jour, 93 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 99 % suivent un traitement et 92 % présentent une charge virale supprimée, ce qui réduit fortement le risque de transmission.
Le Plan stratégique national (PSN) 2027-2030 met désormais l’accent sur plusieurs priorités. Il prévoit de renforcer les actions de prévention, en particulier auprès des adolescents, des enfants exposés et des groupes les plus vulnérables. Il vise aussi à améliorer le parcours de dépistage, de soins et de traitement afin de favoriser une prise en charge plus précoce.
En outre, le document accorde une place importante à la réduction des discriminations, des violences et des inégalités qui limitent encore l’accès aux services liés au VIH. Il prévoit également de renforcer la coordination entre les différents acteurs, la gouvernance du programme et la mobilisation des ressources nationales destinées au financement de la riposte.
Validé à l’issue du processus d’élaboration, le Plan stratégique national (PSN) 2027-2030 servira de feuille de route pour les prochaines années. Son adoption institutionnelle ouvrira la voie à son déploiement sur l’ensemble du territoire, avec pour objectif de poursuivre la baisse des nouvelles infections et d’améliorer durablement la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.
