L’agriculture qui surveille les besoins en eau des cultures à distance, des consultations médicales rendues possibles dans les localités les moins desservies et des marchandises suivies en temps réel sur les corridors de transport. C’est autour de ces perspectives que le Togo entend accélérer le déploiement de l’Internet des objets et des communications satellitaires, en créant un cadre réglementaire destiné à favoriser l’arrivée de nouveaux services numériques.
L’orientation est apparue lors de l’adoption, en Conseil des ministres, d’un texte révisant le régime des redevances applicables aux réseaux et services de communications électroniques. Au-delà de l’aspect réglementaire, la réforme traduit une volonté de faciliter le développement de solutions connectées dans plusieurs secteurs considérés comme essentiels à la transformation de l’économie.
L’agriculture figure parmi les premiers domaines visés. Les objets connectés permettent aujourd’hui de mesurer l’humidité des sols, de suivre la croissance des cultures ou encore de piloter l’irrigation avec davantage de précision. Des capteurs installés sur les exploitations peuvent aussi surveiller l’état sanitaire du bétail et transmettre des données en temps réel aux éleveurs. Dans un pays où le secteur agricole demeure l’un des premiers pourvoyeurs d’emplois et contribue de manière importante au produit intérieur brut, ces technologies ouvrent la voie à une gestion plus fine des exploitations tout en limitant les pertes d’eau et d’intrants.
Le secteur de la santé fait également partie des priorités. Les communications satellitaires offrent des solutions lorsque les infrastructures terrestres ne permettent pas une connexion fiable. Elles peuvent soutenir le développement de la télémédecine, faciliter les échanges entre établissements de santé et spécialistes, ou encore renforcer la transmission de données médicales dans les zones rurales. Pour des territoires éloignés des grands centres hospitaliers, ces outils peuvent réduire les délais d’accès à certains services médicaux.
La logistique représente un autre levier. Grâce aux dispositifs de géolocalisation et aux capteurs connectés, les opérateurs peuvent suivre les marchandises tout au long de leur acheminement, optimiser les itinéraires et améliorer la traçabilité des flux. Cet enjeu revêt une importance particulière pour le Togo, dont le Port autonome de Lomé constitue l’un des principaux hubs maritimes d’Afrique de l’Ouest et dessert plusieurs pays enclavés de la sous-région.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée depuis plusieurs années. Le gouvernement a multiplié les investissements dans les infrastructures de télécommunications, notamment avec l’extension du réseau de fibre optique, le renforcement de la couverture mobile et la mise en œuvre de la stratégie nationale de transformation numérique. L’ambition est de créer un environnement capable d’accueillir des services innovants destinés aux administrations, aux entreprises et aux populations.
Le potentiel de ces technologies dépendra toutefois de plusieurs conditions. Leur diffusion nécessite des infrastructures numériques solides, une alimentation électrique fiable, des investissements durables et une montée en compétences des utilisateurs. Agriculteurs, personnels de santé et professionnels du transport devront pouvoir s’approprier ces outils pour qu’ils produisent des effets mesurables sur la productivité, la qualité des services et la compétitivité.
Le cadre réglementaire adopté ouvre ainsi la voie à une nouvelle phase du développement numérique du pays. L’enjeu se déplacera désormais vers la mise en œuvre de projets capables de transformer ces possibilités technologiques en solutions concrètes au service de l’économie et des territoires.
