Le Togo revoit les redevances appliquées aux activités radioélectriques afin de favoriser le déploiement des technologies satellitaires et des objets connectés. En adaptant son cadre tarifaire aux nouveaux usages, le gouvernement cherche à lever une partie des freins économiques qui limitent encore l’accès au numérique dans les localités les plus éloignées.
Le gouvernement togolais poursuit l’ajustement de son arsenal réglementaire pour accompagner l’évolution rapide des communications électroniques. Un nouveau décret modifie les redevances dues par les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs d’équipements et les installateurs d’équipements radioélectriques. Il actualise les dispositions fixées par le décret du 5 avril 2023 afin de mieux prendre en compte l’essor des services satellitaires et des technologies de communication entre machines.
Cette révision répond à un défi bien identifié. Si les grandes agglomérations concentrent l’essentiel des infrastructures numériques, les zones rurales restent plus coûteuses à desservir. La faible densité de population y réduit souvent la rentabilité des investissements nécessaires au déploiement de réseaux terrestres classiques.
Le choix du satellite ouvre une autre perspective. Les constellations en orbite basse, qui connaissent un développement rapide à l’échelle mondiale, permettent désormais de fournir une connexion haut débit dans des territoires où la fibre optique ou les antennes terrestres demeurent difficiles à installer. Les technologies Machine-to-Machine, de leur côté, facilitent les échanges automatiques de données entre équipements, sans intervention humaine, avec des applications dans l’agriculture, la santé, les transports ou encore la gestion des ressources naturelles.
L’adaptation des redevances vise ainsi à rendre le marché togolais plus attractif pour ces nouveaux acteurs, tout en maintenant un équilibre entre l’encouragement à l’investissement et les recettes publiques liées à l’utilisation des fréquences radioélectriques. Les autorités cherchent également à préserver des conditions de concurrence cohérentes avec les opérateurs déjà présents sur le marché des communications électroniques.
Cette évolution intervient quelques mois après l’adoption du nouveau Plan national d’attribution des bandes de fréquences radioélectriques, qui aligne le Togo sur les dernières orientations de l’Union internationale des télécommunications en matière de gestion du spectre. Ce document prévoit notamment l’identification de nouvelles bandes destinées à la 5G, aux plateformes de haute altitude ainsi qu’aux communications intersatellites.
Depuis plusieurs années, le pays fait de la transformation numérique un axe de sa politique de développement. La modernisation du cadre réglementaire, l’extension de la couverture mobile, la numérisation progressive des services publics et l’amélioration de la gestion des fréquences constituent les principaux leviers mobilisés pour réduire les disparités d’accès au numérique entre les centres urbains et les territoires ruraux.
L’impact concret de cette réforme dépendra désormais de la capacité des opérateurs spécialisés à investir sur le marché togolais, mais aussi de l’adoption progressive de ces nouvelles solutions par les ménages, les entreprises et les services publics appelés à tirer parti d’une connectivité plus étendue.
