Un an après sa mise en service, le château d’eau construit à Atiegou illustre les effets concrets de la deuxième phase du Projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable de Lomé. L’ouvrage fait partie d’un programme qui combine production, stockage et extension des réseaux pour répondre à une demande en eau qui progresse avec la croissance de l’agglomération.
La structure, implantée dans le secteur d’Atiegou, constitue l’un des cinq châteaux d’eau prévus dans le cadre de l’AEP-Lomé Phase 2. Le programme, piloté par la Société de patrimoine eau et assainissement en milieu urbain et semi-urbain (SP-EAU), est financé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne.

D’après les données de la SP-EAU, le projet représente un investissement de 9,84 milliards de francs CFA. Il prévoit notamment une hausse de 15 000 m³ de la production quotidienne, cinq châteaux d’eau totalisant 2 050 m³ de capacité de stockage, ainsi que l’extension des conduites d’adduction et de distribution.
À Atiegou, le château d’eau contribue désormais à l’alimentation du réseau local. Son intérêt dépasse toutefois la seule capacité de stockage. Dans un système soumis à des variations de consommation et à une croissance rapide des quartiers périphériques, ces ouvrages jouent un rôle dans la régulation de la pression et la continuité de la desserte.
Le chantier hydraulique a aussi laissé une composante destinée aux usages sociaux. Le lycée d’Atiegou dispose désormais d’un terrain multisport construit dans le cadre du même projet. Réceptionné provisoirement le 10 juillet 2025, l’équipement peut accueillir des activités de football, basketball, handball et volleyball.
Pour le proviseur de l’établissement, cette infrastructure doit aussi servir de cadre à l’apprentissage de la discipline et du travail collectif. « Grâce à cette infrastructure, nos jeunes auront désormais un cadre idéal pour exprimer leur talent, renforcer leur discipline et cultiver l’esprit d’équipe », avait-il déclaré lors de la réception de l’ouvrage.
Le projet ne se limite pas à Atiegou. Les cinq châteaux d’eau construits dans sa deuxième phase se trouvent à Zossimé, Alinka, Logoté-Sagbado, Atiegou et Dangbessito. Le plus important, situé à Logoté-Sagbado, dispose d’une capacité de 1 300 m³. L’ensemble doit contribuer à améliorer la desserte dans plusieurs communes du Grand Lomé.
Cette intervention répond à une pression qui reste forte sur le système hydraulique de la capitale. Selon les données disponibles pour 2024, le taux de couverture en eau potable du Grand Lomé était estimé à 72 %. La croissance démographique de l’agglomération continue parallèlement de faire progresser les besoins.
Les investissements se poursuivent donc au-delà des ouvrages déjà réalisés. Plusieurs forages sont prévus ou engagés dans différents secteurs, notamment au lycée d’Agoè-Nord, à l’EPP Kotokoli Zongo et à Zossimé. Ces installations doivent renforcer les ressources disponibles et alimenter des secteurs raccordés aux infrastructures existantes, dont le château d’eau de Fidokpui et la station de traitement de Cacavéli.
Cette logique de renforcement se prolonge avec le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT), financé par la Banque mondiale. Le programme prévoit notamment neuf nouveaux forages et la réhabilitation de quinze ouvrages existants dans le Grand Lomé.
Les pouvoirs publics travaillent aussi sur des solutions de plus long terme. Parmi les pistes étudiées figurent la mobilisation de nouvelles ressources souterraines au nord et à l’est du lac Togo ainsi que l’utilisation des eaux de surface de la rivière Zio et du fleuve Mono. Les estimations disponibles évaluent le potentiel du champ captant Est de la préfecture de Vo entre 40 000 et 100 000 m³ d’eau par jour.
La stratégie repose ainsi sur plusieurs leviers complémentaires. Les châteaux d’eau renforcent le stockage, les forages accroissent les capacités de production et les extensions de réseau rapprochent progressivement l’eau des ménages. À Atiegou, l’un de ces maillons fonctionne déjà et participe à l’évolution du dispositif d’alimentation en eau potable du Grand Lomé.
