L’agence de notation financière S&P Global Ratings a relevé, le 16 octobre, de stable à positive la perspective des notations souveraines du Togo, tout en maintenant celles-ci à « B+/B ». Cette appréciation repose sur les perspectives de croissance du pays, la diversification progressive de son économie et les efforts attendus de consolidation budgétaire à moyen terme.
La décision de S&P traduit une confiance accrue dans la capacité de l’économie togolaise à maintenir une trajectoire de croissance soutenue entre 2027 et 2029. L’agence anticipe une progression moyenne du produit intérieur brut supérieure à 6 % au cours des deux prochaines années, malgré un ralentissement temporaire attendu en 2026 sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient.
L’analyse de S&P met en avant l’évolution du modèle économique togolais, avec une place croissante accordée à l’investissement privé après plusieurs années marquées par le poids de l’investissement public. Les politiques de développement des infrastructures devraient favoriser cette transition et consolider la position du pays dans les chaînes logistiques régionales.
Le port autonome de Lomé et l’aéroport de la capitale occupent une place importante dans cette stratégie. Leur extension doit accompagner l’augmentation des flux commerciaux et renforcer les capacités du pays à attirer des activités économiques à plus forte valeur ajoutée. La diversification industrielle constitue un autre levier de cette évolution. La Plateforme industrielle d’Adétikopé a déjà attiré des investissements étrangers dans les secteurs manufacturier, pharmaceutique et agroalimentaire. La perspective d’une seconde zone industrielle au nord de Lomé doit prolonger cette dynamique et élargir les possibilités de production locale.
Sur le plan des finances publiques, l’agence estime que le Togo devrait poursuivre la réduction de son déficit budgétaire, avec un retour attendu autour de 3 % du PIB à partir de 2027, contre 7,8 % en 2022. Cette trajectoire suppose une maîtrise des dépenses et une mobilisation accrue des recettes fiscales, dans le respect des engagements pris auprès du Fonds monétaire international (FMI).
Les tensions sur les prix de l’énergie, alimentées par le conflit au Moyen-Orient, pourraient toutefois accroître les besoins de soutien public, notamment à travers les subventions aux carburants. Les dépenses destinées à amortir les effets de la conjoncture, y compris les mesures de soutien à l’achat d’engrais, devraient être compensées par des ajustements budgétaires dans d’autres domaines, selon les projections de l’agence.
S&P table enfin sur une augmentation des recettes fiscales équivalant à 0,5 point de PIB par an entre 2027 et 2029. Le maintien de cette progression sera déterminant pour rapprocher durablement le déficit de la cible de 3 % du PIB. Si le passage à une perspective positive constitue un signal favorable pour la perception du risque souverain togolais, il ne correspond pas à un relèvement de la note elle-même, qui demeure à « B+/B ».
