Face aux difficultés d’approvisionnement en eau dans les régions septentrionales du Togo pousse les autorités à intensifier le suivi des travaux d’urgence. Une mission ministérielle conduite par M. Sévon-Tépé Adedze, ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, se déploie depuis ce jeudi 8 janvier 2026 dans la Kara et les Savanes pour évaluer l’avancement des chantiers destinés à rétablir l’approvisionnement en eau potable.
Le barrage de la Kozah traverse une période critique. Son niveau est tombé à 8 mètres, alors qu’il atteignait 16 mètres l’année précédente. Cette baisse drastique réduit la production quotidienne d’eau potable de 11 000 mètres cubes à environ 3 000 mètres cubes. La situation touche directement Kara, deuxième ville du pays, ainsi que Niamtougou, Défalé, Pagouda, Kétao et Pya.

Lors de son déplacement à Kara ce jour, le ministre Adedze a détaillé les actions entreprises. « Des instructions ont été données en matière de mesures urgentes, de mesures à court terme et également à long terme », a-t-il déclaré. Le ministre a souligné la réactivité du gouvernement face à cette crise. « Le Président du Conseil ne pouvait pas être informé de la pression exercée sur les ressources hydriques, susceptible d’entraîner un manque d’eau potable dans la région, sans exiger que des équipes soient déployées sur le terrain », a-t-il précisé.
Les causes de cette crise remontent à une sécheresse précoce liée aux dérèglements climatiques. Dans un pays où la démographie grimpe de 2,3 % par an et où le taux d’urbanisation est passé de 37,7 % à 43 % entre 2010 et 2022, la demande en eau potable ne cesse de croître. Les 8 millions d’habitants du Togo font face à des besoins croissants que les infrastructures actuelles peinent à satisfaire.
Le ministre a détaillé les mesures d’urgence mises en place. « Il est notamment question de raccorder certains forages existants, à gros débit, au réseau de la TDE », a-t-il expliqué. Il a rappelé que les capacités actuelles des barrages ne permettent plus d’approvisionner la ville de Kara et ses environs comme auparavant. « À ce jour, neuf forages ont déjà été raccordés au réseau de la TDE, après des analyses rigoureuses », a annoncé M. Adedze. Le ministre a insisté sur la double exigence de quantité et de qualité de l’eau distribuée à la population.
De nouveaux forages sont également en cours de réalisation. « Nous avons visité certains sites et nous sommes très optimistes, car les débits observés sont importants », s’est réjoui le ministre. Par ailleurs, dans certains quartiers, la distribution d’eau est appuyée par des camions-citernes. L’armée apporte également son soutien en assurant la livraison d’eau sur des sites stratégiques.
Le ministre a évoqué les retours des populations locales. « Nous avons recueilli des témoignages très encourageants de la population concernant l’amélioration du débit d’eau », a-t-il indiqué. Pour conclure, M. Adedze a souligné la détermination du gouvernement. « Pour le Président du Conseil, il s’agit de joindre l’action à la parole, et c’est exactement ce que nous sommes en train de faire. »
La mission de supervision, programmée du 7 au 10 janvier 2026, rassemble plusieurs structures gouvernementales. Le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme coordonne l’opération avec le ministère délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement. La Société togolaise des eaux et la Société du patrimoine eau et assainissement participent également aux visites de terrain.
Le programme prévoit des inspections sur plusieurs sites clés. À Kara, les équipes examinent le barrage de la Kozah et les forages en cours. À Mango, la délégation vérifie la prise en rivière et la station de production. À Dapaong, trois installations font l’objet d’une évaluation : le château d’eau de Timbou, la station de traitement de Dalwak et les équipements de la base militaire de Nioukpourma.
Chaque journée de visite s’organise en deux temps. Les équipes se rendent d’abord sur les chantiers pour constater l’avancement des travaux. Un responsable local de la Société togolaise des eaux présente la situation avant que la délégation ne circule entre les différents points d’intervention. Des réunions de synthèse clôturent ensuite chaque étape pour dresser le bilan et formuler des recommandations.
Les objectifs de cette mission sont clairement définis. Il s’agit de vérifier l’état d’avancement des travaux lancés après le 31 décembre 2025. Les autorités souhaitent aussi rappeler aux entreprises et aux équipes de contrôle l’importance du respect des délais d’exécution. Des directives seront transmises aux différents acteurs pour accélérer la mise en œuvre des solutions.
La région des Savanes bénéficie également d’une attention particulière. Le gouvernement a anticipé les risques de pénurie dans cette zone et déployé des mesures préventives. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national.
Les enjeux dépassent la simple question technique. L’accès à l’eau potable conditionne la santé publique et le développement économique des régions concernées. Les familles ont besoin d’eau saine pour leurs activités quotidiennes. Les tensions sociales risquent de s’amplifier si les solutions tardent à se concrétiser.
La mission s’achèvera le 10 janvier avec le retour de la délégation à Lomé. Les conclusions alimenteront les décisions gouvernementales pour les prochaines phases du programme d’urgence. Au-delà des actions immédiates, des projets à long terme sont envisagés pour garantir un approvisionnement pérenne dans les années à venir.
