La capitale togolaise abrite depuis lundi 9 février un atelier régional consacré à la politique fiscale sensible au climat. Cette rencontre de cinq jours réunit des cadres supérieurs des ministères des Finances et des administrations fiscales de sept pays africains.
La Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique et la Banque africaine de développement ont organisé cette formation dans le cadre du projet CADAST. L’initiative vise à renforcer les capacités des gouvernements africains pour l’adoption de politiques macroéconomiques respectueuses de l’environnement.

Les participants travailleront sur plusieurs aspects de la fiscalité climatique. Ils approfondiront leurs connaissances sur les politiques fiscales adaptées aux enjeux environnementaux. Les échanges porteront sur les meilleures pratiques en matière de conception, de mise en œuvre et de suivi de ces politiques. Des outils pratiques seront mis à disposition pour élaborer et gérer des stratégies fiscales vertes.
Le contexte africain rend cette formation particulièrement nécessaire. Le continent subit les impacts croissants du changement climatique tout en cherchant à accélérer sa croissance économique. La dette publique a bondi de 230% entre 2010 et 2022. Cette explosion détourne des ressources essentielles qui devraient financer les services sociaux et les mesures d’atténuation climatique.

La directrice de cabinet du Ministère des Finances a rappelé la réalité de cette menace. La baisse de la productivité agricole, la pression sur les ressources naturelles, la multiplication des chocs climatiques extrêmes et la vulnérabilité accrue des populations fragiles pèsent directement sur les économies africaines. Les États doivent mobiliser des efforts financiers croissants pour protéger leurs citoyens et renforcer leur résilience.
Le Togo s’engage pleinement dans cette transition. Sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, le pays mène des réformes pour renforcer la mobilisation des ressources nationales. Les autorités travaillent à améliorer l’efficacité et l’équité du système fiscal. Elles alignent les politiques publiques sur les objectifs de développement durable et de résilience climatique.

La fiscalité devient un levier stratégique de la transition écologique. Elle peut mobiliser des ressources durables, orienter les comportements économiques et soutenir des investissements sobres en carbone. L’intégration de critères climatiques dans la fiscalité sectorielle figure parmi les priorités. L’adaptation des incitations fiscales favorise les investissements verts. Une meilleure articulation entre fiscalité, budget et politiques climatiques renforce la cohérence des actions publiques.
Peguewinde Rodolphe Bance, Chef de l’Unité Gouvernance Économique et Sociale de l’ACBF, a souligné la vulnérabilité du continent face au changement climatique. L’Afrique contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre mais subit de plein fouet les conséquences du réchauffement. Le ratio moyen recettes fiscales sur PIB atteint 15% sur le continent. Ce taux reste en deçà du seuil de 20% jugé nécessaire pour financer les politiques publiques et les investissements structurels.
L’ACBF a lancé le programme BETA pour renforcer les capacités des administrations fiscales et des décideurs publics africains. Cet atelier constitue un pilier additionnel de cette offre de formation. La fondation remercie le gouvernement togolais, la Banque Africaine de Développement et les partenaires pour leur soutien.

Le secrétaire exécutif du Forum des Administrations fiscales ouest africaines a salué cette initiative. Il a annoncé que la Banque africaine de développement financera un projet de renforcement des capacités dans la gestion de la TVA et des exonérations fiscales. Il a appelé à une coopération accrue entre les administrations fiscales et douanières d’Afrique de l’Ouest.
Les taxes vertes peuvent catalyser la transformation structurelle des économies. Elles encouragent une production plus propre, réduisent les émissions et dégagent des marges budgétaires pour les programmes d’adaptation. Le gouvernement togolais réaffirme son engagement à bâtir un système fiscal plus résilient, plus équitable et plus respectueux de l’environnement.
Cette rencontre offre une plateforme de partage d’expériences et de bonnes pratiques. Les participants réfléchiront aux instruments fiscaux les plus adaptés aux réalités économiques, sociales et environnementales du continent. Les impératifs de compétitivité et d’inclusion resteront au centre des discussions jusqu’au jeudi 13 février.
