L’agence de notation américaine S&P Global Ratings a relevé en avril dernier la note souveraine du Togo de B à B+. Cette amélioration figure parmi les sept rehaussements accordés à des pays africains au cours de l’année, selon le rapport annuel Africa Credit Rating Trends publié le 19 février 2026.
S&P justifie cette décision par la poursuite des réformes économiques et fiscales menées par les autorités togolaises. L’agence souligne particulièrement les progrès accomplis en matière de mobilisation des recettes intérieures, un enjeu crucial pour la soutenabilité des finances publiques du pays.

Cette progression place le Togo dans une dynamique positive au sein du continent. Le rapport de S&P dresse un panorama contrasté des notations africaines avec sept relèvements contre deux pays sanctionnés par des dégradations en 2025.
La mobilisation des recettes intérieures constitue l’un des principaux facteurs ayant motivé cette hausse. Les efforts du gouvernement pour élargir l’assiette fiscale et améliorer le recouvrement des impôts portent leurs fruits selon l’analyse de l’agence américaine.
Les réformes structurelles engagées dans le pays contribuent également à cette amélioration de la notation. Ces réformes visent à renforcer la compétitivité de l’économie togolaise et à créer un environnement favorable aux investissements privés nationaux et étrangers.
Le passage à la note B+ améliore la perception du risque souverain du Togo sur les marchés financiers internationaux. Cette notation plus favorable peut faciliter l’accès du pays aux financements extérieurs et potentiellement réduire les coûts d’emprunt lors des futures émissions obligataires.
L’agence note par ailleurs que la croissance moyenne des pays africains notés s’est maintenue autour de 4,5 % en 2024 et 2025. Les prévisions restent stables pour l’année 2026, témoignant d’une certaine résilience des économies du continent malgré les défis économiques mondiaux.
L’amélioration des conditions de financement a également joué un rôle dans cette dynamique continentale. Le coût moyen de la dette a baissé à 7,7 % en 2025. Le dynamisme des émissions souveraines avec près de 18 milliards de dollars levés sur les marchés internationaux témoigne d’un accès plus fluide au marché pour certains émetteurs africains.
Le Togo rejoint ainsi d’autres pays comme le Kenya, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Ghana et la Zambie qui ont également bénéficié de rehaussements de notes en 2025. Chaque cas répond à des logiques différentes allant de la stabilisation financière aux restructurations de dette en passant par des réformes sectorielles.
Le Maroc a enregistré le signal le plus fort de l’année en retrouvant en septembre la catégorie « investment grade » avec une note de BBB-. Cette catégorie atteste de la capacité d’un État à honorer ses engagements financiers et ouvre l’accès à de nombreux investisseurs institutionnels occidentaux.
Le rapport de S&P souligne que la dynamique demeure très disparate sur le continent africain. Si les réformes économiques, le ralentissement de l’inflation et des cours favorables pour certaines matières premières comme l’or et le cacao ont soutenu plusieurs économies, d’autres demeurent sous pression en raison de déséquilibres budgétaires persistants et de chocs sectoriels.
Sur les 27 souverains africains notés par S&P, quatre affichent désormais une note dans la catégorie « investment grade » à savoir le Botswana, le Maroc, Maurice et Saint-Hélène. La moitié se situe dans la catégorie B, où figure maintenant le Togo avec sa note B+ qui reflète les efforts de consolidation budgétaire et de réformes structurelles entrepris par le pays.
