La Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a lancé mardi la phase pré-test d’un projet d’intégration de l’éducation anticorruption dans les curricula de l’enseignement supérieur. L’Université de Kara accueille cette initiative qui vise à forger chez les étudiants une conscience éthique et un sens aigu de la responsabilité publique.
Cette étape marque l’aboutissement d’un engagement constant du gouvernement. L’objectif consiste à inscrire durablement les valeurs d’éthique, d’intégrité et de responsabilité au cœur de la formation des générations actuelles et futures. Les étudiants apprendront à adopter des comportements exemplaires fondés sur la transparence et le respect du bien public.
Le projet entend préparer les futurs cadres à placer l’intérêt général au-dessus de tout. Les apprenants deviendront des acteurs engagés pour prévenir, dénoncer et combattre la corruption sous toutes ses formes. Cette formation contribuera à l’édification d’une administration intègre au service exclusif de la nation.

Plusieurs thématiques ont été présentées lors de cette séance inaugurale. La problématique de la lutte contre la corruption avec ses enjeux et ses défis a ouvert les discussions. Les mécanismes de lutte et la participation citoyenne ont fait l’objet d’une présentation détaillée. Le cadre juridique et institutionnel togolais en matière anticorruption a été exposé aux participants.
La relation entre corruption et bonne gouvernance a également été abordée. Les questions de déontologie et de responsabilité professionnelle ont complété ce panorama. Ces modules fourniront aux étudiants les outils conceptuels nécessaires pour comprendre et combattre ce fléau.
Dr. Ama Dzifa Gameti, directrice de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a souligné que la lutte contre la corruption ne peut se contenter des tribunaux et des sanctions. Elle doit s’enraciner là où l’esprit se forme dans les universités. Cette rencontre vient transmettre des connaissances mais aussi forger trois types de boucliers chez les étudiants.
La conscience constitue le premier rempart selon la responsable. Le courage de dénoncer les pratiques malsaines forme le deuxième. L’excellence dans l’exercice des fonctions complète ce dispositif. « La corruption n’est pas une fatalité culturelle mais un véritable frein pour l’avenir. Chaque acte de corruption est un diplôme dévalué, une infrastructure défaillante, une chance de moins pour le mérite », a-t-elle martelé.
Aba Kimélabalou, président de la HAPLUCIA, a rappelé que le projet avait déjà démarré avec succès dans les établissements d’enseignement secondaire général et technique. L’École nationale d’administration a également bénéficié de cette initiative. Le lancement à l’Université de Kara franchit une nouvelle étape décisive dans le déploiement du programme.
Le responsable estime qu’introduire l’enseignement de l’éthique dans une institution d’envergure revient à agir en profondeur. Cette action touche la source même des responsabilités futures. Elle contribue à façonner des décideurs responsables, des gestionnaires rigoureux et des serviteurs de l’État conscients de la noblesse de leur mission.
Le professeur Tchable Boussanlègue, vice-président de l’Université de Kara, s’est dit convaincu des résultats futurs de cette initiative. Dans quelques années, les apprenants s’approprieront le concept de lutte anticorruption. Ils contribueront ainsi de manière notable à la bonne marche de l’administration togolaise. Cette génération formée aux valeurs d’intégrité transformera progressivement les pratiques.
Le secrétaire général du gouvernorat de la Région de la Kara assistait à cette cérémonie. Le président du Conseil régional et le préfet de la Kozah ont également pris part au lancement. Le corps enseignant et la communauté estudiantine ont massivement répondu présents. Cette mobilisation témoigne de l’intérêt suscité par le projet.
L’intégration de l’éducation anticorruption dans les programmes universitaires constitue une approche préventive. Former les futurs cadres dès leurs études évite les dérives une fois en poste. Ces enseignements compléteront les dispositifs répressifs existants par une action en amont.
Les établissements d’enseignement supérieur forment les élites de demain. Ces futurs responsables occuperont des postes à responsabilité dans l’administration, les entreprises et la société civile. Leur comportement éthique conditionnera l’intégrité des institutions qu’ils dirigeront.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de prévention de la corruption. Le Togo a adopté plusieurs instruments juridiques pour combattre ce fléau. La sensibilisation des jeunes générations complète ce dispositif législatif et institutionnel. L’éducation transforme durablement les mentalités et les pratiques.
Les modules développés feront l’objet d’une évaluation durant cette phase pré-test. Les retours des étudiants et des enseignants permettront d’affiner les contenus. La version définitive sera ensuite déployée dans l’ensemble des universités togolaises. Cette généralisation garantira que tous les étudiants bénéficient de cette formation citoyenne.
