Le Togo lance une campagne nationale de vaccination des enfants contre la poliomyélite suite à la détection d’un cas confirmé le 20 février dernier à Djarkpanga, dans le district de Mô. Cette opération vise à renforcer la protection des enfants et à freiner toute propagation du virus sur le territoire national.
La campagne se déroulera en deux phases. Le premier tour est prévu du 12 au 14 mars 2026, suivi d’un second passage du 16 au 18 avril. L’ensemble du territoire national sera couvert par cette opération de vaccination de masse.
L’annonce a été faite ce lundi 9 mars à Tsévié lors d’un briefing organisé à l’Hôtel Saint-Georges à l’intention des médias. La rencontre a réuni plusieurs acteurs du système sanitaire, notamment des responsables préfectoraux de la santé du Grand-Lomé et de la région Maritime, ainsi que des inspecteurs de l’éducation chargés de relayer l’information auprès des communautés.
Solirou Sesso, point focal régional du Programme élargi de vaccination (PEV) dans la région Maritime, a participé à cette séance d’information. Le Dr Condé Siaka, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), était également présent aux côtés d’un représentant du directeur régional de la santé Maritime.
Les échanges ont permis de sensibiliser les participants sur la maladie, ses manifestations et la stratégie retenue pour la campagne de vaccination. Les autorités sanitaires ont insisté sur l’urgence d’atteindre une couverture vaccinale optimale pour protéger les enfants togolais.
La cible est constituée des enfants âgés de 0 à 59 mois qui n’ont pas été vaccinés ou dont le schéma vaccinal reste incomplet. Ces enfants présentent une vulnérabilité particulière face au virus de la poliomyélite qui peut provoquer des paralysies irréversibles.
Pour atteindre le plus grand nombre d’enfants, les équipes privilégieront une stratégie de proximité. Des agents vaccinateurs effectueront des visites porte-à-porte dans les ménages pour administrer le vaccin directement aux familles.
Les équipes interviendront également dans les écoles où sont scolarisés de nombreux enfants de la tranche d’âge concernée. Les marchés et d’autres lieux de rassemblement publics seront aussi investis pour toucher les populations qui ne seraient pas atteintes par les visites à domicile.
Le Togo vise un objectif ambitieux avec cette campagne. Les autorités sanitaires souhaitent vacciner au moins 95% des enfants concernés. Ce taux de couverture élevé permettra de créer une immunité collective suffisante pour stopper la circulation du virus.
Les équipes profiteront également de la campagne pour rechercher activement d’éventuels cas de paralysie flasque aiguë (PFA) dans les ménages. Cette surveillance active permettra de détecter rapidement d’autres cas potentiels de poliomyélite.
La prise en charge des cas graves fait aussi partie des missions confiées aux équipes mobilisées. Les enfants présentant des signes de complications seront orientés vers les structures sanitaires adaptées pour recevoir les soins appropriés.
La gestion des situations de refus constitue un défi identifié par les organisateurs. Ces dernières années, les campagnes de vaccination se heurtent parfois à une certaine réticence au sein des populations, nourrie par des rumeurs et diverses théories complotistes.
Les autorités sanitaires tentent de rassurer les familles sur la sécurité des vaccins utilisés. « La poliomyélite ne se traite pas. La vaccination demeure le seul moyen d’y mettre fin dans notre pays et les vaccins que le Togo utilise sont sûrs », a insisté Eddi Keoula, chef du service Communication et relations publiques au Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST).
Eddi Keoula a été mobilisé comme personne ressource pour la communication autour de la campagne. Son rôle consiste à élaborer des messages clairs et rassurants destinés à convaincre les populations réticentes de l’importance de faire vacciner leurs enfants.
La poliomyélite est une maladie virale hautement contagieuse qui attaque le système nerveux. Elle peut provoquer en quelques heures une paralysie flasque aiguë chez les personnes infectées. Cette paralysie peut toucher les membres inférieurs et compromettre définitivement la mobilité.
La maladie touche principalement les enfants de moins de cinq ans qui constituent la population la plus vulnérable. Dans environ 95% des cas, l’infection reste asymptomatique, ce qui rend la détection difficile. Les personnes infectées peuvent transmettre le virus sans présenter de signes visibles.
Entre 4 et 5% des cas présentent des signes bénins comme la fièvre, les céphalées, les nausées ou les vomissements. Ces symptômes peu spécifiques peuvent être confondus avec d’autres maladies courantes, retardant ainsi le diagnostic.
Faute de traitement curatif, la prévention reste la principale arme contre la poliomyélite. Aucun médicament ne permet de guérir la maladie une fois qu’elle s’est déclarée. Seules les complications peuvent être prises en charge pour améliorer le confort des malades.
Outre la vaccination, les autorités sanitaires rappellent l’importance des mesures d’hygiène. Le lavage régulier des mains au savon constitue un geste simple mais efficace pour limiter la transmission du virus.
La bonne gestion des déchets et l’utilisation adéquate des latrines participent également à la lutte contre la propagation de la maladie. Le virus de la poliomyélite se transmet principalement par voie féco-orale dans des conditions d’hygiène précaires.
La détection du cas à Djarkpanga rappelle que le Togo n’est pas à l’abri d’une résurgence de la poliomyélite. Cette vigilance justifie le déploiement rapide d’une campagne de vaccination massive pour protéger les enfants togolais.
