La direction de la nationalité a présenté à Lomé un bilan détaillé de la réforme liée à la digitalisation des demandes de certificat de nationalité. Cette initiative, portée par le ministère de la Justice et des droits humains, s’inscrit dans un vaste processus de modernisation de l’administration. La présentation a mis en lumière les avancées enregistrées ainsi que les défis rencontrés dans la mise en œuvre.
Le certificat de nationalité occupe une place centrale dans l’organisation administrative. Il établit le lien juridique entre une personne et l’État. Ce document conditionne l’accès à plusieurs services, notamment l’obtention d’autres pièces d’identité, l’accès à certains emplois publics ou encore la protection consulaire à l’étranger. Son cadre juridique repose sur des textes anciens et récents qui encadrent son obtention et son usage.
Dans cette logique, la digitalisation des demandes a été mise en place afin de simplifier les démarches. L’objectif est de réduire les délais de traitement et d’améliorer la transparence. Le dispositif est opérationnel depuis décembre 2024, après une phase initiale amorcée quelques années plus tôt avec la dématérialisation des duplicatas.
Les données communiquées indiquent qu’au 1er mars 2026, 165 657 demandes ont été enregistrées. Parmi elles, 127 791 dossiers ont déjà été traités. Ce volume reflète l’ampleur du dispositif, rendu possible grâce à l’extension du réseau administratif sur l’ensemble du territoire. Les préfectures sont désormais connectées à la direction centrale, ce qui permet une gestion plus structurée des dossiers.

La procédure repose sur un fonctionnement entièrement numérique. Les usagers déposent leurs demandes en ligne, puis les dossiers sont étudiés de manière centralisée. Des notifications sont envoyées à chaque étape du traitement. Ce système vise à réduire les déplacements et à faciliter le suivi des demandes.
Cependant, plusieurs difficultés ont été relevées. Certaines sont liées aux contraintes techniques, notamment la qualité de la connexion internet dans certaines zones. D’autres relèvent des usages. De nombreux citoyens passent par des intermédiaires pour effectuer leurs démarches. Dans plusieurs cas, ces intermédiaires utilisent leurs propres comptes au lieu de ceux des demandeurs.
Cette pratique entraîne des complications dans le suivi des dossiers. Les notifications ne parviennent pas toujours aux bénéficiaires finaux, ce qui crée des retards. Les données font état de 20 555 dossiers validés mais non déposés, de 17 311 dossiers nécessitant des corrections et de 37 866 notifications sans réponse. Ces éléments expliquent une partie des retards constatés dans le traitement.
Face à cette situation, les autorités insistent sur le respect des procédures. Les usagers sont invités à utiliser leurs propres comptes et à privilégier les centres agréés pour le dépôt des dossiers. Ces centres assurent la vérification des pièces avant transmission, ce qui facilite le traitement.
Malgré ces contraintes, la direction met en avant les résultats déjà obtenus. Le traitement de plus de 120 000 dossiers montre le fonctionnement du dispositif lorsque les règles sont suivies. Les responsables soulignent aussi la mise en place d’un futur système d’archivage numérique, destiné à sécuriser les données et à améliorer l’accès aux informations.
Dans les prochains mois, une campagne d’information sera déployée sur l’ensemble du territoire. Elle vise à mieux informer les populations sur l’utilisation de la plateforme et à renforcer l’accompagnement des usagers. Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à améliorer l’efficacité administrative et à rapprocher les services publics des citoyens.
