La capitale togolaise accueille, du 20 au 23 mai 2026, la quatrième édition du Forum International des Professionnels du Droit et du Chiffre (FIPROD). Organisé sous la présidence du ministre de la Justice et des droits humains, Pacôme Yawovi Adjourouvi.
L’événement rassemble magistrats, avocats, notaires, experts-comptables, juristes d’entreprise, fiscalistes, banquiers, assureurs et décideurs publics venus des 17 États membres de l’OHADA ainsi que de plusieurs autres pays africains. Placée sous le thème « Techniques contractuelles d’affaires en Afrique », cette édition met en lumière les enjeux liés à la sécurisation des investissements, à la modernisation des pratiques contractuelles et à la consolidation de la souveraineté économique du continent.

Pour la première fois, le Togo accueille ce grand rendez-vous des professionnels du droit et du chiffre. Dans son allocution d’ouverture, le ministre Pacôme Adjourouvi a salué la confiance accordée au pays par l’OHADA et ses partenaires, tout en rappelant la portée stratégique du forum. Selon lui, les mutations économiques actuelles imposent une maîtrise approfondie des mécanismes contractuels, notamment dans des secteurs clés tels que les mines, l’énergie, les infrastructures, les transports, la banque, les assurances, les technologies numériques ou encore l’intelligence artificielle. « La maîtrise des techniques contractuelles conditionne directement la sécurité juridique des investisseurs et la compétitivité de nos économies », a-t-il souligné.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de produire des recommandations concrètes capables d’améliorer les pratiques contractuelles dans l’espace OHADA, tout en renforçant la confiance des investisseurs dans les systèmes juridiques africains. Il a, par ailleurs, salué l’appui des partenaires techniques et financiers ayant accompagné l’organisation du forum.

Le Directeur général de l’ERSUMA, Karel Osiris Coffi Dogué, a replacé le FIPROD dans une dynamique continentale de transformation économique et juridique. Pour lui, la qualité des contrats constitue désormais un facteur déterminant de développement et de souveraineté. Il a relevé plusieurs insuffisances encore observées dans certains projets africains, notamment des clauses déséquilibrées, des asymétries d’information ou encore l’utilisation de modèles contractuels importés et insuffisamment adaptés aux réalités locales.
À travers ce forum, l’ERSUMA entend favoriser l’émergence d’une véritable communauté africaine d’expertise contractuelle, capable de défendre efficacement les intérêts économiques du continent et d’accompagner les ambitions portées par l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le Secrétaire permanent de l’OHADA, Dr Mayatta Ndiaye Mbaye, a quant à lui salué l’engagement des autorités togolaises dans la promotion du droit harmonisé des affaires en Afrique. Il a rappelé que l’OHADA demeure aujourd’hui l’un des instruments majeurs d’intégration juridique et économique sur le continent, en offrant un cadre de sécurité juridique indispensable à l’attractivité des investissements.
Durant quatre jours, les participants prendront part à des ateliers, panels et rencontres professionnelles articulés autour de plusieurs axes majeurs : les fondamentaux contractuels adaptés aux réalités africaines, les techniques de négociation, la gestion des risques, les mécanismes de règlement des différends ainsi que l’adaptation des contrats aux enjeux du numérique et de la transformation digitale.
Avec l’organisation du FIPROD 2026, Lomé confirme progressivement son positionnement comme un carrefour régional du droit des affaires et de la gouvernance juridique en Afrique. Au-delà des échanges techniques, le forum ambitionne surtout de contribuer à la construction d’une expertise africaine forte, capable d’accompagner les grandes mutations économiques du continent et de garantir des relations contractuelles plus équilibrées dans un environnement international de plus en plus compétitif.
@IKA
