Les océans ne bénéficieront pas d’une simple commémoration annuelle au Togo. Un atelier lancé lundi 8 juin transforme la Journée mondiale des océans en catalyseur d’une stratégie pérenne de gouvernance maritime. Le Haut conseil pour la mer (HCM) coordonne cette mobilisation avec les administrations, les organisations de la société civile, les collectivités littorales et les investisseurs du secteur.
L’enjeu dépasse la célébration ponctuelle. Le Togo vise à renforcer la sensibilisation collective et la concertation autour de la protection des espaces marins et côtiers. Experts, chercheurs, opérateurs économiques et représentants de la société civile mutualisent leurs réflexions pour construire des mécanismes de surveillance efficaces. Cette démarche vise aussi à consolider des partenariats durables et à sauvegarder les côtes togolaises.
Les océans fondent l’équilibre de la vie sur terre. Kodjo-Kouma Ayivon, directeur des affaires juridiques et du contentieux représentant le ministre délégué à l’Économie maritime, a rappelé leur apport inestimable à l’humanité. Les espaces marins produisent plus de 50 % de l’oxygène mondial. Ils nourrissent des millions de personnes. Leur fragilité s’accroît cependant face aux pollutions telluriques découlant des plastiques, des eaux usées et des intrants chimiques. « Nous n’héritons pas de l’océan de nos ancêtres ; nous l’empruntons à nos enfants », a-t-il souligné, appelant les communautés de pêcheurs, mareyeuses et transformatrices à adopter des comportements écoresponsables.
La mobilisation togolaise s’étend du littoral ouest au littoral est. Laré Penn, chef de cabinet du ministre conseiller pour la mer, a salué une implication « exceptionnelle, inclusive et sans précédent ». Des opérations de reboisement de mangroves et de nettoyage des plages se déploient d’Aflao à Aného. Cependant, cette mobilisation doit dépasser le cadre des festivités. « La protection des océans, du littoral et des ressources marines ne peut être une activité ponctuelle limitée à une journée de célébration. Elle doit devenir un engagement permanent et un réflexe citoyen partagé par tous », a-t-il insisté.
L’amplification des aires marines protégées (AMP) requiert une convergence inédite. État, collectivités territoriales, secteur privé, société civile et communautés locales doivent former une alliance durable. Kokou Edem Tengue, ministre délégué chargé de l’Économie maritime, a précisé les priorités togolaises. Il faut étendre les AMP et les doter de vraies capacités de protection. Il faut traquer sans relâche la pêche illicite. Il faut combattre l’érosion côtière dans la continuité du programme WACA (West Africa Coastal Areas Management Program) soutenu par la Banque mondiale. Il faut lutter contre la pollution plastique qui défigure les plages. Il faut former massivement la jeunesse aux métiers bleus du XXIe siècle.
Cette vision maritime s’inscrit dans une démarche plus large. Sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Gnassingbé, le Togo a lancé un vaste programme de réformes structurelles visant à faire du secteur maritime un levier de croissance inclusive et de création d’emplois. Le renforcement du cadre juridique, la restauration des écosystèmes fragiles comme les mangroves, la mise en place d’une planification spatiale marine et la modernisation des infrastructures portuaires figurent parmi les chantiers phares. La promotion de l’économie bleue durable constitue l’horizon stratégique unificateur.
En Afrique de l’Ouest, près de 12 millions de personnes dépendent directement de la mer à travers la pêche, les infrastructures portuaires et le tourisme. Le Togo ambitionne de transformer cette dépendance en opportunité pérenne de prospérité inclusive.
