Mauvaise nouvelle pour l’ex président sénégalais Macky Sall qui est depuis un moment dans la course pour la succession d’António Guterres, avec l’entrée en lice d’Olara Otunnu. L’ancien ministre ougandais des Affaires étrangères rejoint ainsi la candidature africaine déjà portée par le sénégalais Macky Sall, plaçant le continent face à un choix inédit dans la compétition pour diriger les Nations unies.
L’Ouganda vient officiellement de présenter la candidature d’Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations unies. Selon des documents officiels, la candidature a été transmise à l’Organisation le 24 juillet, avant d’être communiquée aux 193 États membres.
Cette entrée en lice porte désormais à deux le nombre de candidats africains engagés dans la course à la succession d’António Guterres, dont le second et dernier mandat prendra fin en décembre 2026. Le continent dispose ainsi de deux profils issus de parcours diplomatiques distincts, mais réunis par une ambition commune, celle de porter une candidature africaine au sommet de l’organisation multilatérale.
Olara Otunnu présente un parcours particulièrement riche au sein de la diplomatie internationale. Ancien ministre ougandais des Affaires étrangères sous la présidence de Milton Obote, il a ensuite rejoint les Nations unies, où il a occupé de 1998 à 2005 le poste de représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. Il a été le premier à exercer cette fonction.
Au cours de sa carrière internationale, il a notamment contribué à faire de la protection des enfants touchés par les conflits armés une question permanente à l’agenda du Conseil de sécurité. Son action a également participé à la mise en place du mécanisme de surveillance prévu par la résolution 1612 du Conseil de sécurité.
Son expérience diplomatique remonte également à son passage comme représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies entre 1980 et 1985. Il a, à cette occasion, présidé le Conseil de sécurité. Il a par la suite dirigé l’International Peace Academy, devenue l’International Peace Institute.
La candidature ougandaise repose ainsi sur une longue expérience des affaires internationales, de la diplomatie multilatérale et de la recherche de consensus. Kampala estime que ce parcours constitue un atout pour diriger l’ONU dans une période marquée par les conflits, les tensions géopolitiques, le changement climatique et l’essor rapide de l’intelligence artificielle.
Dans sa vision, Olara Otunnu plaide notamment pour la poursuite des réformes institutionnelles des Nations unies et le renforcement de l’autorité morale de l’organisation. Il propose aussi la création d’un mécanisme dédié à l’élaboration de règles internationales sur l’intelligence artificielle.
L’ancien diplomate identifie par ailleurs plusieurs crises qui nécessitent, selon lui, une diplomatie internationale renouvelée, notamment en Ukraine, à Gaza, au Soudan, en République démocratique du Congo et en Iran.
Avec l’entrée en lice d’Olara Otunnu, la compétition prend une nouvelle tournure pour l’Afrique. Le continent, qui n’a fourni que deux secrétaires généraux depuis la création de l’ONU en 1945, dispose désormais de deux prétendants dans la course. La prochaine étape sera celle de la recherche de soutiens auprès des États membres et, surtout, au sein du Conseil de sécurité, où l’accord des cinq membres permanents sera déterminant pour toute candidature.
