Le Togo renforce son réseau de transport avec un nouveau programme destiné à améliorer la circulation des marchandises et des personnes. Appuyé par un financement concessionnel de 200 millions de dollars, soit près de 115 milliards de francs CFA, accordé par la Banque mondiale, le Programme d’amélioration des systèmes logistiques et du transport (PASLT) mise sur le rail, les routes et la desserte des bassins agricoles afin d’accroître la compétitivité de l’économie nationale.
Le projet repose sur trois volets complémentaires. Le premier prévoit la remise en service de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé (PAL) et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Ce corridor, destiné au transport des marchandises, doit faciliter le transfert des conteneurs depuis le port vers la zone industrielle tout en limitant la circulation des poids lourds dans la capitale.
Ce choix répond à l’évolution rapide des activités portuaires. En une décennie, le trafic du Port autonome de Lomé est passé d’environ 311 500 équivalents vingt pieds (EVP) en 2013 à près de 1,9 million d’EVP en 2023. Seul port en eau profonde de la façade ouest-africaine, le PAL accueille une part croissante des échanges sous-régionaux. Le retour du fret ferroviaire doit ainsi améliorer la fluidité de la chaîne logistique et renforcer les liens entre le port et la Plateforme industrielle d’Adétikopé, inaugurée en 2022.
Par ailleurs, le programme consacre une part importante de ses ressources à la mobilité dans le Grand Lomé. Plusieurs aménagements sont annoncés afin de réduire les ralentissements autour des zones portuaires, de faciliter les déplacements quotidiens et de rendre le trafic plus fluide. Selon les estimations de la Banque mondiale, près de 2,2 millions de personnes devraient profiter d’une baisse de la congestion routière ainsi que d’une amélioration de la qualité de l’air.
Ces travaux viennent compléter les investissements déjà engagés sur le réseau national. Pour l’année 2026, près de 1 912 kilomètres de routes doivent faire l’objet de travaux d’entretien grâce à une enveloppe de 18,1 milliards de francs CFA, avec pour objectif de préserver la qualité des infrastructures et de sécuriser les déplacements.
Le troisième axe concerne les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et la plaine de Mô. L’amélioration des voies de desserte doit rapprocher les zones de production des marchés, réduire les pertes après récolte et faciliter l’écoulement des produits agricoles vers les centres de commercialisation ainsi que les corridors régionaux.
Les nouvelles infrastructures seront conçues pour mieux résister aux aléas climatiques. Environ 400 000 personnes, dont 51 % de femmes, devraient bénéficier d’un meilleur accès aux marchés et aux services essentiels. Les producteurs disposeront ainsi de conditions plus favorables pour acheminer leurs récoltes dans des délais plus courts.
« Ce projet aidera le Togo à améliorer ses performances logistiques, à renforcer les connexions entre le port, les centres industriels et les zones agricoles, tout en facilitant les déplacements des populations », a indiqué la Banque mondiale lors de l’approbation du financement.
Ce nouvel appui complète un financement de 150 millions de dollars approuvé en décembre 2025 en faveur de l’investissement privé et de la création d’emplois. Avec un portefeuille actif proche de 1,5 milliard de dollars au Togo, l’institution financière poursuit son accompagnement des programmes liés aux infrastructures, au développement économique et à la transformation des chaînes logistiques.
