Le Togo a engagé une nouvelle étape dans sa politique environnementale. Depuis le 11 juillet 2025, l’essence et le gasoil distribués dans le pays doivent respecter une teneur maximale de 50 parties par million (ppm) de soufre. Cette norme, conforme aux orientations de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), vise à réduire les émissions polluantes et à améliorer le fonctionnement des systèmes antipollution des véhicules.
Cette évolution répond à un enjeu de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air est responsable de près de 6,7 millions de décès chaque année dans le monde. Les carburants riches en soufre favorisent les émissions de particules fines et de dioxyde de soufre, tout en réduisant l’efficacité des pots catalytiques des véhicules récents.
En abaissant la teneur en soufre, le Togo s’aligne progressivement sur les meilleures pratiques internationales. Cette réforme s’inscrit dans la directive adoptée en 2020 par les États de la CEDEAO afin d’harmoniser les normes de qualité des carburants dans la sous-région.
Ce choix représente toutefois un effort financier. Comme la plupart des pays ouest-africains, le Togo dépend largement des importations de produits pétroliers. Pour contenir les prix à la pompe, l’État a consacré 25 milliards de FCFA aux subventions des carburants en 2025. Les prévisions budgétaires pour 2026 ramènent cette enveloppe à 14,2 milliards de FCFA, illustrant la recherche d’un équilibre entre discipline budgétaire et protection du pouvoir d’achat.
Parallèlement, les autorités renforcent le suivi de la qualité de l’air à travers le Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), qui prévoit l’installation de 23 stations de mesure dans 11 villes. Les données recueillies permettront d’orienter les politiques publiques et d’évaluer les effets des nouvelles normes.
À terme, la CEDEAO ambitionne d’abaisser la teneur maximale en soufre à 10 ppm d’ici à 2030. Pour le Togo, cette réforme constitue un levier pour améliorer la qualité de l’air tout en accompagnant la modernisation progressive du secteur des transports.
