La deuxième édition du Forum international sur la protection des données à caractère personnel a démarré mardi à l’Hôtel Sarakawa. Pendant deux jours, régulateurs, experts du numérique, spécialistes de la cybersécurité, entreprises et institutions publiques se retrouvent autour d’une même ambition, celle de renforcer la protection des données dans un environnement numérique en constante évolution.
Placée sous le thème « Sécuriser le capital confiance, maîtriser les risques », la rencontre met en lumière les enjeux liés à la circulation des données personnelles. Elle intervient alors que les pays africains accélèrent leur transformation numérique, avec une attention de plus en plus soutenue à la protection de la vie privée, à la cybersécurité et à la conformité aux normes internationales.

En ouvrant les travaux, le commissaire général du Forum, Gaël D’ALMEIDA, a rappelé que cette rencontre constitue un espace de dialogue entre les autorités de régulation, les entreprises et les professionnels du secteur. Il a salué l’appui des partenaires institutionnels qui ont contribué à la tenue de cette deuxième édition, estimant que leur soutien a permis de consolider ce rendez-vous régional consacré aux défis du numérique.
Partenaire de l’événement, l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) confirme sa volonté de poursuivre les actions engagées pour une gouvernance responsable des données. Son président, le colonel Bédiani BELEI, a insisté sur la portée du thème retenu cette année. « La protection des données n’est plus une simple exigence juridique ; elle est devenue le socle même de la stabilité de nos économies et de la sécurité de nos nations », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a invité les acteurs publics comme privés à faire de cette question une priorité. « La protection n’a pas de coût, c’est un investissement dans la confiance, donc dans la conscience », a-t-il souligné, appelant à renforcer les dispositifs capables de préserver les droits des citoyens tout en favorisant un environnement numérique sûr.

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités de la sous-région, parmi lesquelles le président de l’Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (APDP) du Bénin, Dr Luciano HOUNKPONOU, le directeur des affaires juridiques et du contentieux représentant l’Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel du Mali, Dr Mahamadou Aly HAÏDARA, ainsi que le vice-président du Patronat du Togo, Thierry AWESSO. Des spécialistes des systèmes d’information, des représentants d’entreprises et des administrations publiques prennent également part aux échanges.
La première journée a été consacrée à plusieurs communications techniques. Les participants ont notamment abordé les règles applicables aux dispositifs de vidéosurveillance et de vidéoprotection, avant une table ronde réunissant les autorités de régulation. Deux panels ont ensuite permis d’examiner les réalités de la protection des données sous l’angle du régulateur et des organismes qui traitent les informations personnelles. Les débats ont aussi mis en avant la valeur stratégique d’une bonne gouvernance des données pour les entreprises.
Au-delà des échanges d’expertise, le forum traduit l’intérêt grandissant accordé à la protection des données en Afrique de l’Ouest. Plusieurs États de la région disposent désormais d’autorités dédiées et adaptent leurs cadres juridiques aux exigences de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, dite Convention de Malabo, ainsi qu’aux pratiques internationales.
En accueillant cette rencontre régionale, le Togo poursuit les réflexions sur les défis liés au numérique et réunit, durant cette édition, des acteurs venus de plusieurs pays afin de partager leurs expériences et de promouvoir des pratiques fondées sur la confiance, la responsabilité et le respect des droits des personnes.
