Un peu plus d’un mois après les pluies diluviennes qui ont frappé le Grand Lomé et plusieurs régions du pays, le gouvernement affine son dispositif de réponse. Réuni en Conseil des ministres le mardi 4 août sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, l’exécutif a dressé un état des lieux des conséquences des intempéries des 28 et 29 juin et précisé les prochaines étapes de l’assistance aux populations sinistrées.
Les fortes précipitations avaient provoqué des inondations dans plusieurs localités, avec des quartiers submergés, des routes rendues impraticables et des ouvrages d’assainissement endommagés. Dès les premières heures, le dispositif national de réponse aux catastrophes a été activé sous la coordination du ministère chargé de la Sécurité, avec l’appui de l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) et des différents acteurs de la Plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes.
Le bilan présenté au Conseil fait état de cinq décès et de 26 603 personnes affectées. Les dégâts concernent aussi bien les habitations que les infrastructures routières et les réseaux d’assainissement. Les besoins d’assistance sont désormais évalués à plus de 1,14 milliard de francs CFA. Cette enveloppe doit couvrir une réponse humanitaire comprenant des vivres, des kits d’hygiène et d’assainissement ainsi que des kits médicaux destinés aux ménages les plus touchés.
Cette phase d’évaluation intervient alors que le Togo est confronté, comme plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, à une multiplication des épisodes météorologiques extrêmes. Les saisons pluvieuses enregistrent des précipitations plus intenses sur de courtes périodes, ce qui accroît les risques d’inondation, notamment dans les zones urbaines où la croissance démographique exerce une pression sur les réseaux de drainage et l’occupation des espaces sensibles.
Au cours des dernières années, les autorités ont renforcé leur dispositif de gestion des risques avec la modernisation des mécanismes d’alerte, la mise en place de plans d’intervention coordonnés et la réalisation de plusieurs infrastructures de drainage. Malgré ces investissements, les fortes pluies de fin juin ont rappelé les défis que représentent l’entretien des ouvrages hydrauliques, l’urbanisation rapide et l’occupation de zones exposées aux inondations.
Le Conseil des ministres a également mis l’accent sur la prévention. Le Président du Conseil a salué la mobilisation des équipes engagées sur le terrain pour limiter les conséquences des intempéries. Il a exprimé sa compassion aux familles endeuillées et aux personnes affectées, tout en appelant les populations à respecter les consignes de sécurité durant la saison des pluies.
Au-delà de l’urgence humanitaire, cette séquence marque l’entrée dans une nouvelle phase de la gestion de la catastrophe. Après les opérations de secours et les premières évaluations, l’objectif est désormais d’apporter une assistance ciblée aux sinistrés tout en poursuivant les actions destinées à réduire la vulnérabilité des territoires face aux épisodes climatiques extrêmes. Cette approche combine la réponse immédiate, la remise en état progressive des infrastructures touchées et le renforcement de la résilience des communautés face aux risques futurs.
