La prise en compte du climat dans les finances publiques entre dans une phase de consolidation. Du 03 au 07 août, le Ministère de l’Économie et de la Veille Stratégique (MEVS) réunit ses cadres à Lomé autour d’un atelier consacré à l’appropriation des outils de budgétisation verte et à la préparation du document « Budget Vert » pour l’exercice 2027.
Cette rencontre vise à renforcer les capacités techniques des agents appelés à intégrer les critères environnementaux et climatiques dans la préparation des politiques publiques. Elle intervient alors que le Togo poursuit la mise en place progressive d’un dispositif qui associe planification économique, gestion budgétaire et transition écologique. Le pays a introduit son premier document de budget vert en annexe de la loi de finances 2024, avant d’élargir progressivement cette approche aux différentes administrations publiques.

À l’ouverture des travaux, Ahodo TCHAMDJA, Directeur Général des Études et Analyses Économiques (DGEAE), représentant le Ministre de l’Économie et de la Veille Stratégique, Badanam PATOKI, a rappelé la portée de cette réforme.
« La budgétisation verte ne consiste pas simplement à créer un budget dédié à l’environnement et au climat. Elle représente une nouvelle manière de concevoir l’action publique », a-t-il expliqué. Selon lui, cette approche doit intégrer les enjeux climatiques dans toutes les phases du cycle budgétaire, de la programmation jusqu’à l’évaluation des dépenses publiques.
L’objectif est d’identifier les investissements favorables à l’environnement, ceux qui peuvent avoir des effets négatifs et ceux dont l’impact reste neutre. Cette méthode doit aussi renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et améliorer la capacité de l’État à mobiliser des financements climatiques internationaux, de plus en plus liés à des exigences de suivi et d’évaluation.
Les changements climatiques représentent désormais un enjeu qui dépasse le seul domaine environnemental. Les épisodes de sécheresse, les inondations, l’érosion côtière ou encore les variations des précipitations affectent plusieurs secteurs économiques, notamment l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les ressources en eau.
Face à ces défis, la budgétisation verte propose un outil de décision qui permet de mesurer l’impact des choix publics sur le climat et les écosystèmes. Elle repose notamment sur un système de marquage des dépenses selon trois catégories : favorables, défavorables ou neutres pour l’environnement.
Pour le Togo, cette démarche s’inscrit dans une volonté d’adapter les instruments de gestion publique aux nouveaux défis économiques et environnementaux. Le document de budget vert est progressivement intégré aux documents budgétaires afin de donner davantage de visibilité sur la contribution des politiques publiques aux objectifs climatiques.
Au cours des cinq jours de formation, les participants devront approfondir la méthodologie de conception du Budget Vert 2027, renforcer leurs connaissances sur l’analyse climatique des dépenses publiques et préparer les bases techniques nécessaires à l’élaboration du futur document.
Présente également aux travaux, Akouvi Valérie KOUHOUE, point focal du Ministère des Finances et du Budget en matière de budgétisation verte, participe aux échanges sur les outils nécessaires à la poursuite de cette réforme.
Avec cette démarche, le Togo cherche à rapprocher davantage ses décisions budgétaires des impératifs liés à la résilience climatique et à la soutenabilité des politiques publiques.
