La qualité de l’école publique ne se joue pas seulement dans les salles de classe. Elle dépend aussi des ressources consacrées aux enseignants, aux infrastructures, aux équipements et aux conditions d’apprentissage. Alors que le budget du ministère de l’Éducation nationale atteint 212 milliards de FCFA en 2026, la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) prépare une campagne destinée à remettre la question du financement public au centre du débat éducatif.
Réunis jeudi 6 août à Lomé, les responsables fédéraux et les secrétaires préfectoraux de la FESEN ont consacré une journée au plaidoyer en faveur d’une éducation publique accessible, inclusive et équitable. La session précède le lancement officiel, vendredi 7 août, de la campagne « La Force du Public au Togo, Ensemble on fait école », portée par la fédération syndicale avec l’appui de l’Internationale de l’Éducation.
L’objectif de la rencontre n’était pas de dresser un simple état des lieux du système scolaire. Les cadres syndicaux ont travaillé sur les arguments, les données et les éléments d’analyse nécessaires à leurs futures actions de sensibilisation. Une étude réalisée dans le cadre de la campagne leur a servi de base de travail. Ses conclusions portent notamment sur les ressources consacrées à l’école publique, les besoins du système éducatif et les conditions nécessaires à sa consolidation.
Cette démarche intervient alors que l’éducation occupe une place importante dans les choix budgétaires de l’État. La loi de finances pour 2026 prévoit une enveloppe de 212 milliards de FCFA pour le ministère de l’Éducation nationale, contre 183 milliards de FCFA inscrits en prévision pour 2025. Cette progression de plus de 15 % place le département en tête des ministères les mieux dotés sur l’exercice 2026. Une enveloppe de 104 milliards de FCFA est notamment destinée aux programmes et projets liés à l’enseignement préscolaire et primaire, tandis que 64 milliards sont affectés à l’enseignement secondaire général.
Ces chiffres donnent une dimension concrète au débat sur les moyens de l’école publique. Ils ne résument toutefois pas à eux seuls la question de la qualité. L’utilisation des ressources, leur répartition entre les différents niveaux d’enseignement, les conditions de travail des personnels et les besoins en infrastructures font aussi partie des paramètres examinés par les acteurs du secteur.
Le gouvernement a lui-même engagé de nouveaux travaux de planification. En juillet, le ministère chargé de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage a annoncé la révision du Plan sectoriel de l’éducation, document qui sert de cadre aux politiques et aux investissements du secteur. Cette révision doit prendre en compte les évolutions du système éducatif et les priorités nationales pour les prochaines années.
La question des ressources humaines figure aussi parmi les sujets suivis. En avril 2026, le gouvernement et les fédérations d’enseignants ont conclu un mémorandum d’entente prévoyant une trêve sociale de cinq ans dans le secteur de l’éducation. L’accord doit notamment créer un cadre de stabilité pour la poursuite des réformes et le dialogue avec les organisations syndicales.
Pour la FESEN, la campagne doit désormais transformer les données de recherche en arguments accessibles aux différents acteurs de l’éducation. Les responsables réunis jeudi ont été appelés à mieux maîtriser les résultats de l’étude afin de conduire leurs actions auprès des pouvoirs publics, des communautés éducatives et des autres parties prenantes.
Le secrétaire général fédéral de la FESEN, Lorié Akilé-Esso, a souligné que cette maîtrise des données doit aider les responsables syndicaux à conduire des actions de sensibilisation et de mobilisation plus efficaces en faveur d’une école publique performante et accessible à tous.
Le lancement de la campagne prévu vendredi 7 août donnera ainsi une portée nationale au travail préparatoire réalisé avec les responsables syndicaux. Derrière le slogan « Ensemble on fait école », la FESEN entend surtout faire du financement de l’éducation publique un sujet de dialogue entre syndicats, pouvoirs publics et acteurs de la société civile.
Pour le système éducatif togolais, l’enjeu porte désormais autant sur le volume des ressources que sur leur capacité à répondre aux besoins des établissements, des enseignants et des élèves. La révision du cadre sectoriel de l’éducation, les choix budgétaires de l’État et le dialogue engagé avec les organisations syndicales constituent trois leviers qui devraient continuer de structurer les discussions sur l’avenir de l’école publique.
