Plus d’un millier de bénéficiaires du Fonds national de la finance inclusive (FNFI) ont participé, du 6 au 8 août 2026, à des sessions de renforcement des capacités organisées dans six préfectures. De Cinkassé à Tandjouaré, dans les Savanes, jusqu’à l’Ogou, l’Anié et au Zio, ces rencontres ont porté sur la gestion des revenus, l’épargne, l’utilisation du crédit et la conduite des activités génératrices de revenus.

La campagne s’est particulièrement déployée dans la région des Savanes. À Cinkassé, plus de 200 bénéficiaires ont participé à une session organisée le 6 août. Le lendemain, Dapaong a accueilli à son tour plus de 200 participants. Le 8 août, près de 200 personnes se sont réunies à Tandjouaré.
Ces trois rendez-vous ont abordé les mêmes fondamentaux, avec une attention portée à la gestion quotidienne des ressources. Les participants ont été sensibilisés au suivi des recettes et des dépenses, à la constitution d’une épargne et au respect des engagements liés aux crédits. Les échanges ont également permis d’aborder les difficultés rencontrées dans la conduite des activités économiques.

Le choix de multiplier les sessions dans les Savanes intervient alors que cette région occupe une place importante dans le portefeuille du FNFI. En 2025, elle a concentré 42,2 % des crédits accordés par le Fonds, soit 14 360 prêts sur les 34 006 octroyés au cours de l’année. Au total, les financements distribués en 2025 ont dépassé 4,12 milliards de francs CFA.
La campagne ne s’est toutefois pas limitée au nord du pays. Le 7 août, plus de 200 bénéficiaires ont participé à une session organisée au Centre de la Chambre des Métiers d’Agbélouvé, dans la préfecture de Zio. Les discussions ont notamment porté sur la gestion du budget, l’épargne, le remboursement des crédits et la distinction entre les ressources d’une activité et les dépenses personnelles.

Dans la région des Plateaux, l’Ogou et l’Anié ont également accueilli des sessions les 6 et 7 août. Plus de 150 bénéficiaires ont participé à chacune des deux rencontres. Les échanges ont porté sur la planification des dépenses, la gestion des revenus, l’épargne et l’utilisation des financements en fonction des besoins réels des activités.
Au fil des différentes étapes, un même principe revient. Le crédit ne constitue pas le seul objet de l’accompagnement. Les bénéficiaires sont aussi invités à acquérir des réflexes de gestion susceptibles de les aider à mieux suivre leur activité et leurs engagements financiers.
L’éducation financière occupe d’ailleurs une place annoncée comme prioritaire par le FNFI pour 2026. Le bilan présenté au Conseil des ministres en février dernier prévoit notamment le renforcement de ce volet, parallèlement à la digitalisation des services et à l’activation de mécanismes de garantie.
Les données disponibles permettent de mesurer l’ampleur du dispositif auquel ces formations viennent s’ajouter. Créé en 2013, le FNFI a accordé, entre 2014 et 2025, plus de 1,94 million de crédits pour un volume global de 117,7 milliards de francs CFA. Ces financements ont concerné plus de 1,12 million de bénéficiaires, dont 65 % de femmes, et ont couvert 72,6 % des localités du pays. Le taux de remboursement communiqué pour cette période s’établit à 94,98 %.
L’année 2025 a représenté à elle seule 34 006 crédits. Parmi eux, 33 213 étaient destinés aux activités génératrices de revenus et 791 aux très petites, petites et moyennes entreprises.
Ces volumes expliquent l’importance accordée au volet pédagogique. Avec un nombre élevé de bénéficiaires et de financements répartis sur une grande partie du territoire, la capacité à gérer les revenus, à anticiper les dépenses, à épargner et à respecter les échéances constitue un enjeu directement lié au fonctionnement du dispositif.
Les séances organisées ces derniers jours ont ainsi rapproché les équipes du FNFI des bénéficiaires dans plusieurs territoires à la fois. La formule repose sur des échanges directs et sur des situations rencontrées dans les activités quotidiennes. Elle complète le financement par un accompagnement centré sur les pratiques de gestion.
L’ampleur de la participation donne une indication sur l’intérêt suscité par ces rencontres. Leur effet sur la performance des activités financées devra toutefois être apprécié dans la durée. Pour l’heure, la campagne traduit surtout la place accordée par le FNFI à l’éducation financière dans son dispositif d’inclusion, avec un déploiement qui touche simultanément plusieurs préfectures du pays.
