Le système transfusionnel togolais fait face à une tension récurrente entre les besoins des patients et les réserves disponibles. En cette période comprise entre mai et septembre, le recul des dons lié aux examens scolaires, universitaires et aux vacances coïncide avec une hausse des besoins, notamment pour la prise en charge du paludisme. Le gouvernement appelle donc à maintenir la mobilisation autour du don de sang.
Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances a fait le point sur la situation dans un communiqué publié le 19 août 2026. Il souligne une tension dans l’approvisionnement en produits sanguins et relève une mobilisation accrue de la population depuis plusieurs jours, notamment dans le cadre de la campagne « Août solidaire ».
Cette période de l’année constitue régulièrement un moment délicat pour les services de transfusion. Les établissements scolaires et universitaires comptent parmi les lieux importants de collecte et leur activité ralentit durant les vacances. Dans le même temps, les besoins médicaux restent soutenus.
Le paludisme figure parmi les pathologies qui peuvent accroître la demande de produits sanguins, en particulier chez les patients qui développent une anémie sévère. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne également que les transfusions sont particulièrement sollicitées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pour les complications liées à la grossesse, les anémies sévères dues au paludisme et les traumatismes.
Les données nationales montrent toutefois une amélioration de la disponibilité des produits sanguins. Selon le rapport annuel de performance 2024 du ministère de la Santé, 82 424 concentrés de globules rouges ont été mis à la disposition des patients cette année-là, contre 74 550 en 2023. La part des besoins non satisfaits est ainsi passée de 24,21 % à 16,19 %.
Cette progression ne suffit cependant pas encore à couvrir l’ensemble de la demande. En 2024, plus de 70 000 poches de sang avaient été collectées au niveau national, alors que les besoins restaient supérieurs aux volumes disponibles. Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) avait alors fixé un objectif de collecte supplémentaire de 52 000 poches pour la suite de l’année 2025.
Le défi repose donc largement sur la régularité des dons. L’OMS considère les donneurs volontaires et non rémunérés comme la base la plus sûre et la plus durable d’un système transfusionnel. Elle estime par ailleurs qu’un approvisionnement fiable nécessite une population suffisamment importante de donneurs réguliers.
À l’échelle africaine, les besoins restent eux aussi élevés. Les pays du continent collectent en moyenne 5,2 dons pour 1 000 habitants, contre un seuil de 10 dons pour 1 000 habitants recommandé par l’OMS. Le nombre de dons volontaires progresse toutefois dans la région, passé d’environ 2,2 millions au début des années 2000 à près de 7 millions en 2023.
Au Togo, l’appel lancé cette semaine vise donc à éviter que la baisse saisonnière des dons ne se traduise par une tension plus forte dans les formations sanitaires. Le ministère de la Santé indique que des mesures sont également prises pour faciliter l’accès aux sites de prélèvement et améliorer l’accueil des donneurs.
Une réorganisation du circuit de distribution des produits sanguins est par ailleurs prévue. Leur délivrance aux patients doit progressivement passer par les banques de sang des établissements de santé, afin de réduire les déplacements des proches vers le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et de rapprocher le produit sanguin du lieu de prise en charge.
Cette évolution concerne un maillon essentiel de la chaîne transfusionnelle. La disponibilité du sang ne dépend pas uniquement de la collecte. Elle repose aussi sur le dépistage, la conservation, la préparation des produits sanguins, leur acheminement et leur utilisation adaptée aux besoins des patients. L’OMS recommande notamment le dépistage systématique des dons pour plusieurs infections transmissibles par le sang ainsi que le renforcement des systèmes nationaux de qualité.
La campagne « Août solidaire » intervient ainsi sur un enjeu qui demeure permanent pour le système de santé. Le gouvernement appelle la population à maintenir l’élan observé ces derniers jours afin de réduire durablement les besoins non couverts et de renforcer la disponibilité des produits sanguins dans les établissements de soins.
