Le Togo a officiellement lancé jeudi 12 mars 2026 la plateforme Digital Market Intelligence (DMI), un outil d’intelligence artificielle qui modernise le contrôle du marché et renforce la mobilisation des recettes publiques. Cette solution innovante place le pays à l’avant-garde de l’utilisation des technologies de données dans la lutte contre la fraude.
La DMI a été développée par SICPA, filiale du groupe suisse leader mondial en sécurité et traçabilité. Le Togo devient le premier pays au monde parmi ceux avec lesquels SICPA a signé un contrat de partenariat à expérimenter cette plateforme dans le cadre d’un système national de marquage fiscal sécurisé.

Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a présidé la cérémonie de lancement de cet instrument essentiel pour la mise en œuvre du système de marquage fiscale sécurisé. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du partenariat entre l’État togolais et la société SICPA SA.
La plateforme s’intègre à la Solution Automatisée de Marquage (SAM) opérationnelle depuis 2020. Ce système a déjà généré environ 35,8 milliards de francs CFA de recettes fiscales entre 2020 et 2025, démontrant son efficacité dans la sécurisation des ressources publiques.
« Comme vous le savez, la fraude et la contrebande privent l’État de ressources fiscales importantes. Les pertes annuelles en recettes fiscales représentent un manque à gagner considérable pour financer les projets de développement et améliorer les services publics », a déclaré Esso-Wavana Ahmed Adoyi, Président de la Commission de suivi du marquage des produits de consommation.

Le président de la Commission a souligné que ces pertes affectent directement la capacité de l’État à investir dans l’éducation, la santé et les infrastructures, des secteurs clés pour l’avenir du pays. La mise en œuvre du système de marquage fiscal sécurisé constitue un instrument essentiel pour sécuriser les recettes publiques, lutter contre la circulation de produits frauduleux et renforcer la transparence du marché.
La DMI permet de transformer les données collectées lors des opérations de contrôle en informations stratégiques d’aide à la décision. Cette capacité offre aux autorités publiques une aptitude accrue d’analyse, d’anticipation et d’intervention sur le marché.
La plateforme agrège toutes les données issues du marquage des produits, du référencement des opérateurs économiques, des inspections terrain et des signalements de non-conformité. Cette centralisation permet une vision globale et en temps réel de la situation du marché.
Grâce à ses fonctionnalités avancées, la DMI permet d’identifier les transactions suspectes et les comportements anormaux des opérateurs économiques. Les algorithmes d’intelligence artificielle analysent ces données pour repérer les zones géographiques, les produits et les entreprises présentant des risques élevés de fraude.

L’outil analyse les données en temps réel pour anticiper les risques avant même que les fraudes ne se généralisent. Cette capacité prédictive représente une avancée considérable par rapport aux méthodes traditionnelles de contrôle qui interviennent souvent après la commission des infractions.
La plateforme fournit des alertes et des recommandations pour les autorités compétentes. Avec un taux de précision de 89,89%, la DMI transforme profondément l’inspection commerciale en indiquant exactement où intervenir et quoi détecter.
L’inspecteur bénéficie désormais d’une orientation ciblée qui améliore l’efficacité des contrôles et réduit considérablement les inspections infructueuses. Cette optimisation permet une meilleure utilisation des ressources humaines disponibles.
La DMI facilite également la collaboration entre les acteurs de la lutte contre la fraude et la contrebande. L’Office togolais des recettes (OTR), le ministère du Commerce et la Commission de suivi du marquage peuvent désormais partager les informations en temps réel et coordonner leurs interventions.
Dans son discours de lancement, le ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement, sous la direction du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, visant à moderniser les outils de contrôle du marché et à renforcer la gouvernance économique. « La mise en place de la plateforme DMI constitue une avancée majeure dans l’exploitation des données issues des opérations de contrôle sur le terrain », a déclaré le ministre.
Il a également précisé que cet outil contribuera à protéger les consommateurs contre les produits non conformes tout en sécurisant les recettes fiscales indispensables au financement du développement du pays. « La plateforme DMI marque une étape importante dans l’usage des technologies innovantes au service de la régulation du marché et de la mobilisation des ressources publiques », a déclaré le ministre Badanam Patoki lors du lancement.
Au-delà de l’optimisation fiscale, la DMI protège les consommateurs contre les produits non conformes qui représentent un danger pour la santé. Elle sécurise également les recettes indispensables au financement du développement national.

Des équipes opérationnelles ont déjà bénéficié de formations techniques approfondies fin février 2026. Ces formations visent à permettre aux agents de l’OTR et du ministère du Commerce de maîtriser pleinement les fonctionnalités de la plateforme DMI et d’en assurer une utilisation optimale dans leurs missions quotidiennes.
Un Comité technique de suivi (CTS) sera mis en place, composé d’agents de l’OTR, du ministère du Commerce et de la Commission chargée du suivi du SAM. Cette structure aura pour mission d’analyser et de valider les alertes générées par le système, de dispatcher les ordres d’inspection aux responsables régionaux et d’assurer le suivi des résultats.
Dans les semaines à venir, des actions structurantes seront engagées afin de consolider le déploiement de cet outil stratégique. Un accompagnement technique sera assuré par l’équipe de supervision du DMI pour garantir une prise en main efficace par tous les agents concernés.
Cette initiative place le Togo à l’avant-garde des nations africaines qui utilisent l’intelligence artificielle pour améliorer la gouvernance économique. Le pays démontre sa capacité à adopter des technologies de pointe pour résoudre des défis concrets de développement.
Cette modernisation s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de mobilisation des ressources intérieures. L’amélioration de la collecte fiscale réduit la dépendance aux financements extérieurs et renforce la souveraineté économique du pays dans un contexte où les besoins de développement restent importants.
