La filière cotonnière de la région Maritime affiche de nouvelles ambitions. Réunis le 15 juin 2026 à Tsévié à l’occasion de l’assemblée générale ordinaire de l’Union régionale des cotonculteurs de la Maritime (URCOTON COOP-CA), les producteurs ont fixé un objectif de 10 000 tonnes pour les prochaines campagnes. Une cible qui traduit la volonté de renforcer la place de la région dans la production nationale.
Cette ambition intervient après une campagne 2024-2025 marquée par un recul de la production. Les données présentées au cours de la rencontre font état de 3 629 tonnes récoltées sur 4 525 hectares, contre 6 452 tonnes sur 6 715 hectares lors de la campagne précédente. Plusieurs facteurs ont contribué à cette baisse, notamment une pluviométrie irrégulière, des difficultés liées à la qualité des semences ainsi que l’apparition précoce des jassides, des insectes redoutés par les cotonculteurs.
Toutefois, les acteurs de la filière veulent désormais capitaliser sur les perspectives plus favorables observées à l’échelle nationale. En effet, la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) a enregistré une nette progression au terme de la campagne 2025-2026. La production nationale de coton-graine a atteint près de 79 000 tonnes, contre un peu plus de 60 000 tonnes la saison précédente. Dans le même temps, le rendement moyen est passé à 995 kilogrammes par hectare, contre 797 kilogrammes auparavant. Cette amélioration est liée à une meilleure gestion des ravageurs, au maintien du prix d’achat du coton-graine à 300 francs CFA le kilogramme ainsi qu’à la poursuite des mesures d’accompagnement sur les intrants agricoles.
Pour la région Maritime, l’enjeu consiste désormais à transformer cette dynamique nationale en résultats concrets sur le terrain. Les producteurs estiment que l’amélioration des rendements devra aller de pair avec une mobilisation accrue des exploitants. La participation des jeunes et des femmes figure également parmi les leviers identifiés pour renforcer les superficies cultivées et accroître les volumes récoltés.
Par ailleurs, plusieurs contraintes continuent de retenir l’attention des acteurs du secteur. L’accès au foncier, les besoins de financement, les aléas climatiques ainsi que les délais de paiement demeurent des préoccupations récurrentes. Leur prise en compte apparaît comme un élément déterminant pour atteindre les objectifs fixés.
Au-delà de la région Maritime, les perspectives de la filière restent orientées vers une augmentation de la production nationale. Les projections portées par les acteurs du coton tablent sur un volume compris entre 150 000 et 200 000 tonnes à l’horizon 2030. Dans cette perspective, la contribution des différentes régions productrices sera particulièrement suivie, à commencer par celle de la Maritime qui entend retrouver un rôle plus important dans l’économie cotonnière togolaise.
