Du 28 août au 21 septembre 2026, la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) anticipe des perturbations dans l’alimentation électrique liées à l’arrêt programmé de l’approvisionnement en gaz naturel destiné aux centrales thermiques. Pour limiter l’effet de cette contrainte, l’opérateur prévoit de recourir davantage aux combustibles liquides, plus coûteux, tout en avertissant que des coupures ponctuelles restent possibles.
La première conséquence pour les usagers pourrait ne pas être une interruption générale du service, mais une fourniture d’électricité plus irrégulière selon les zones. La CEET indique avoir pris des dispositions pour préserver autant que possible la continuité de l’alimentation, tout en reconnaissant que certains quartiers et localités pourraient connaître des coupures ponctuelles.
Cette situation découle des travaux de maintenance programmés sur les installations de la West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), qui exploite le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO). Le réseau, long de 678 kilomètres entre Itoki au Nigeria et Takoradi au Ghana, transporte du gaz naturel vers plusieurs marchés de la sous-région, dont le Bénin, le Togo et le Ghana.
Au Togo, le programme prévoit notamment le remplacement d’une vanne sous-marine sur l’embranchement de Lomé ainsi que des opérations d’inspection du gazoduc. Des interventions sont également prévues au Bénin et au Nigeria, notamment sur des vannes, des installations de compression et des équipements de comptage. WAPCo a annoncé un arrêt partiel du réseau du 28 août au 1er septembre, avec une suspension temporaire du transport de gaz depuis le Nigeria.
La portée de l’avertissement de la CEET dépasse donc les seuls cinq jours d’arrêt annoncés par WAPCo. La compagnie électrique situe sa période de tension sur près de quatre semaines, jusqu’au 21 septembre, durant lesquelles elle prévoit de compenser la réduction de disponibilité du gaz par l’utilisation de combustibles liquides.
Ce choix vise à éviter une diminution plus forte de l’offre électrique. Il aura toutefois une incidence sur les coûts d’exploitation, les combustibles liquides étant présentés par la CEET comme une solution plus onéreuse. L’enjeu consiste ainsi à maintenir le niveau de service sans disposer, pendant cette période, de l’ensemble des moyens habituels de production.
La contrainte ne concerne pas uniquement la production des centrales installées au Togo. Selon la CEET, elle affectera également l’importation d’électricité en provenance des pays voisins. Le système électrique devra donc composer simultanément avec une moindre disponibilité de certaines capacités nationales et des conditions moins favorables sur les échanges régionaux.
Le recours à des sources alternatives doit permettre d’amortir le choc, mais la CEET ne promet pas une absence totale de perturbations. Elle demande notamment aux ménages de maintenir leurs appareils débranchés pendant les coupures et de ne les reconnecter qu’après le rétablissement du courant.
La maintenance du GAO relève, elle, d’une logique de fiabilité du réseau régional. WAPCo présente ces travaux comme nécessaires à la préservation de l’intégrité de ses infrastructures et à l’amélioration de leur fiabilité. Le réseau constitue l’un des maillons transfrontaliers de l’approvisionnement en gaz naturel de l’Afrique de l’Ouest.
Pour les consommateurs togolais, l’épisode met surtout en évidence la sensibilité de l’approvisionnement électrique aux conditions de disponibilité du gaz naturel. Pendant plusieurs semaines, la CEET devra donc arbitrer entre continuité du service, recours à des combustibles plus coûteux et gestion des éventuelles restrictions locales. Les perturbations annoncées ne sont pas présentées comme inévitables partout, mais comme un risque que l’opérateur entend réduire au moyen de solutions de remplacement.
