Les Togolais constatent depuis le début de l’année 2026 une résurgence des perturbations dans la fourniture de l’énergie électrique. Le Directeur Général de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), Débo-K’mba Barandao, a accordé un entretien à la Télévision Nationale le 17 février dernier pour clarifier la situation. Il a révélé que les fraudes électriques figurent parmi les causes des perturbations que connaît le réseau depuis le début de l’année.
« S’y ajoutent des travaux de modernisation du réseau, le vieillissement des installations, et des fraudes », a déclaré le responsable. Cette mention directe des pratiques frauduleuses met en lumière un problème souvent évoqué mais rarement chiffré publiquement par les autorités de la CEET.
Les branchements clandestins et la manipulation des compteurs sur le réseau affectent gravement les recettes de la société. Ces pratiques frauduleuses compliquent la gestion de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Lorsqu’un fournisseur étranger décide de réduire ses livraisons, la fraude aggrave les difficultés de la CEET à redistribuer l’énergie disponible.
Le directeur général a expliqué l’origine des désagréments actuels. La hausse de la consommation nationale coïncide avec des contraintes chez les fournisseurs traditionnels du Togo. « Le monde est à la maison et branche les équipements, allume les lampes pour l’éclairage, et donc la demande augmente », a-t-il précisé.

Cette réalité se heurte aux pertes causées par les fraudes. Pendant que certains citoyens paient régulièrement leur facture, d’autres se connectent illégalement au réseau ou trafiquent leurs compteurs. Cette situation crée une inégalité et prive la CEET des ressources nécessaires pour investir dans les infrastructures.
Le manque de combustible constitue un autre facteur des perturbations. Les difficultés d’approvisionnement en gaz naturel affectent le fonctionnement de la centrale thermique de Contour Global. Des pénuries surviennent en raison de limitations chez le fournisseur nigérian. Les travaux de maintenance et de modernisation du réseau provoquent également des coupures temporaires.
La dépendance aux importations électriques du Nigeria et du Ghana fragilise le système. Ces deux pays font face à leurs propres crises énergétiques. Lorsque ces fournisseurs traditionnels réduisent leurs livraisons pour des raisons d’exploitation de leur réseau national, le Togo subit immédiatement les conséquences.
Le vieillissement des installations accentue les problèmes. Certains équipements de distribution provoquent des pannes, notamment lors des pics de demande. La vétusté du réseau nécessite des interventions urgentes. Ces travaux provoquent des coupures mais restent indispensables pour éviter des défaillances plus graves.
Débo-K’mba Barandao a voulu rassurer les populations. « Les perturbations que nous connaissons actuellement, ce sont des perturbations momentanées, localisées. Ce ne sont pas des perturbations d’ampleur qui couvrent tout le réseau ou bien tous les clients », a-t-il affirmé.
Cette situation temporaire résulte de la conjonction de plusieurs facteurs selon le responsable. Les heures de forte demande coïncident avec les limitations des fournisseurs étrangers. La CEET doit alors gérer un déficit qu’il faut répartir sur l’ensemble du réseau.
La compagnie a activé deux mesures d’urgence pour stabiliser la situation. La première concerne l’adaptation de la politique de maintenance. La CEET évite désormais les périodes de forte chaleur et de forte demande pour programmer les interruptions. Cette planification réduit l’impact sur les usagers.
La seconde mesure vise à lisser la consommation aux heures de pointe. La direction a rencontré les gros consommateurs industriels pour solliciter leur coopération. « On a eu des entretiens avec eux pour les amener aux heures de forte demande, donc le soir, à se retirer volontairement et qu’ils utilisent leurs équipements propres de production », a expliqué le DG.
Le basculement entre les réseaux du Ghana et du Nigeria offre une flexibilité technique. « Nous sommes dans la conjonction de deux réseaux, le réseau du Ghana et le réseau du Nigeria. Ce basculement fait qu’on a été obligé de faire des coupures », a-t-il précisé. Cette interconnexion permet de compenser partiellement les déficits.
Des solutions durables sont en préparation. Si le Togo peut déjà compter sur la centrale thermique de Contour Gobal et Kékéli, d’autres projets viendront renforcer le mix énergétique. La centrale solaire de Blitta fait partie de ces initiatives.
De nouveaux projets solaires sont envisagés. La centrale de Dapaong dans la région des Savanes et celle de Sokodé dans la région Centrale devraient permettre de maîtriser la capacité de production nationale. D’autres initiatives pourraient s’ajouter pour réduire la dépendance aux importations.
Le directeur général a lancé un appel à la responsabilité collective. Il invite les populations et les consommateurs à adopter des méthodes de consommation responsables. La déconnexion des équipements en cas de coupure protège les appareils lors du retour du courant. Cette précaution évite les dommages causés par les surtensions.
Cet appel à la responsabilité s’adresse aussi implicitement à ceux qui pratiquent la fraude électrique. Sans le dire explicitement, le message est clair. Les branchements clandestins et les manipulations de compteurs aggravent les difficultés de la CEET à servir correctement l’ensemble des abonnés. Ces pratiques privent l’entreprise des ressources nécessaires pour investir dans les infrastructures et améliorer le service.
