La campagne cotonnière 2025-2026 affiche des résultats en nette progression au Togo, avec un rendement moyen estimé à 995 kilogrammes à l’hectare. Ce niveau se rapproche du seuil d’une tonne, contre 797 kilogrammes lors de la saison précédente, soit une hausse de 25 pour cent. La production globale est projetée à 74 000 tonnes, en augmentation par rapport aux 60 000 tonnes enregistrées un an plus tôt.
Ces données ont été présentées à Lomé lors d’un échange avec la presse organisé par la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), en marge de la 18e réunion du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA). À cette occasion, les responsables de la filière ont dressé un état des lieux de la campagne en cours, marqué par une évolution par rapport aux années précédentes.
Au cours des cinq dernières saisons, la production cotonnière a connu une baisse progressive. Après l’entrée du groupe Olam Agri au capital de la NSCT en 2020, les volumes sont passés de plus de 116 000 tonnes à 46 549 tonnes en 2022-2023. Plusieurs facteurs ont été évoqués, notamment la variation du prix d’achat du coton-graine, les difficultés d’approvisionnement en intrants dans le contexte de la pandémie de COVID-19, ainsi que la hausse des coûts des engrais liée à la conflit russo-ukrainien. À cela s’ajoutent des attaques de ravageurs et la concurrence d’autres cultures plus rémunératrices.
Dans ce contexte, la campagne actuelle marque une évolution. Selon les responsables techniques, plusieurs éléments ont contribué aux résultats enregistrés. L’introduction de produits spécifiques a permis de limiter l’impact des insectes nuisibles. En parallèle, l’implication des producteurs a été renforcée, avec environ 68 000 cultivateurs mobilisés sur 74 000 hectares. Certains rendements individuels dépassent deux tonnes à l’hectare.
Le cadre économique a également évolué. Le prix d’achat du coton-graine est maintenu à 300 francs CFA le kilogramme depuis trois campagnes, tandis que le coût des engrais a été contenu grâce à une intervention de l’État. Ces mesures ont contribué à soutenir l’activité dans les zones de production.
Par ailleurs, les relations entre la NSCT et la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC) ont connu une phase de concertation. Des échanges tenus en 2025 ont permis de définir de nouvelles modalités de collaboration, avec des réunions techniques régulières entre les parties.
Dans la perspective des prochaines campagnes, les intentions de culture sont en hausse. Environ 100 000 hectares ont déjà été annoncés pour la saison suivante, avec un objectif fixé à 105 000 hectares. À moyen terme, la filière vise 150 000 hectares exploités par 150 000 producteurs à l’horizon 2030, pour une production estimée à 150 000 tonnes.
Des contraintes demeurent toutefois. Les capacités logistiques restent limitées, avec un rythme de collecte quotidien compris entre 770 et 850 tonnes. Le renouvellement du parc de transport est en cours, avec des équipements attendus dans les prochains mois. Les conditions climatiques continuent également d’influencer les rendements, avec une variabilité des pluies observée dans certaines zones, notamment dans la région des Savanes.
Sur le plan commercial, la fibre togolaise est en grande partie destinée aux marchés d’Asie du Sud-Est. En parallèle, les premières unités installées sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) ouvrent des perspectives en matière de transformation locale, dont les effets restent à suivre dans les prochaines années.
